Une décision motivée par la santé
Romane Ménager, 30 ans (68 sélections), double championne de France de rugby, a annoncé la fin de sa carrière suite à de multiples commotions cérébrales. Dans une interview accordée à Midi Libre, la joueuse de Montpellier revient sur sa décision, ses combats et ses projets futurs. Après vingt-deux ans passés sur les terrains, la troisième ligne a choisi d'anticiper sa retraite pour préserver sa santé. Vainqueure du Tournoi des Six Nations 2018, elle tourne la page d'une carrière qui a marqué le rugby français et montpelliérain.
Elle pensait encore pouvoir continuer, mais les commotions cérébrales en ont décidé autrement. « J’ai fait quand même quelques commotions et, à chaque fois, en prenant le temps de récupérer, ça se passait plutôt bien. Mais sur les dernières, j’ai pris beaucoup plus de temps pour récupérer. Et surtout, quand je suis revenue, mes capacités à encaisser étaient vraiment beaucoup plus faibles. Ça a été le déclic », confie-t-elle.
Un parcours exceptionnel
Championne de France avec Lille en 2016 puis avec le MHR en 2019, aux côtés de sa sœur jumelle Marine, Romane s'est imposée comme l'une des cadres des Cistes et des Bleues. Malgré cette fin prématurée, elle a le sentiment d'avoir accompli beaucoup de choses. « J’aurais aimé avoir encore plus de chances de porter le maillot de l’équipe de France, jouer plus de Coupes du monde. Mais je pense que j’ai déjà fait une super carrière et je l’ai vécue avec beaucoup de passion et de plaisir », dit-elle.
Son plus beau match reste le titre de championne de France avec Lille, sa première sélection le 7 novembre 2015, et la Coupe du monde 2022 où elle a joué avec insouciance. « Ce qui me manque le plus, ce sont les moments de victoire, ce collectif, cette attache, ce partage de moments complètement à part », ajoute-t-elle.
Le soutien psychologique et l’avenir
La décision a été prise en concertation avec le médical, et un suivi psychologique a été déterminant. « Mes commotions ont été déclencheuses de ce besoin d’aller vers quelqu’un. J’avais envie d’être accompagnée pour comprendre ce qui pourrait m’aider à aller mieux », explique-t-elle. Cette période difficile a été marquée par une fragilité et une appréhension constantes de se blesser ou de subir une nouvelle commotion. « C’est devenu très anxiogène pour moi », confesse-t-elle.
Romane Ménager estime que le sujet des commotions est encore sous-estimé, mais qu’il est de plus en plus pris au sérieux. « Il faut prendre cette blessure au sérieux, même si elle est moins visible que d’autres », insiste-t-elle. Désormais, elle reprend une formation pour devenir préparatrice physique et souhaite rester dans le domaine du rugby, idéalement à Montpellier. « Il y a une vie derrière et j’ai l’ambition de bien la réussir aussi », conclut-elle.



