Leinster : briser la malédiction des finales perdues face à l'UBB
Leinster veut briser la malédiction des finales perdues

Le Leinster a perdu ses quatre dernières finales de Champions Cup, dont trois face à des clubs français. Il entend bien briser cette malédiction face à l’UBB, samedi à Bilbao. Longtemps considéré comme une machine froide et implacable, vainqueur de sa quatrième Champions Cup en 2018, le Leinster semble depuis avoir perdu la recette pour mettre la main sur le trophée qui lui tient le plus à cœur. Au moment de défier l’Union Bordeaux-Bègles, ce samedi, dans un stade San Mamés où il a été sacré il y a huit ans, il reste sur quatre défaites consécutives en finale de la compétition.

Les Saracens (2019), le Stade Rochelais (2022, 2023) et le Stade Toulousain (2024) ont chacun pris le dessus sur la province dublinoise, et la pression commence à se faire sentir sur les épaules de Leo Cullen. L’ancien deuxième ligne est à la tête de l’équipe depuis 2015, il a remporté cinq URC, mais son palmarès en Champions Cup est loin des attentes, malgré une présence très régulière dans le dernier carré et une équipe qui ressemble à peu de chose près à celle de l’Irlande.

La patte Nienaber

Du remplacement de Johnny Sexton à l’heure de jeu lors de la finale 2022 à la mise au ban de Andrew Porter, Jack Conan et Jordie Barrett pour la demi-finale perdue contre Northampton l’an dernier (34-37), certains choix ont surpris, d’autant que ces matchs décisifs n’ont jamais été perdus par plus de dix points d’écart. Les 17 unités d’avance gâchées en 2023 et l’absence d’essai inscrit dans le temps réglementaire en 2022 et 2024 ont aussi interrogé sur le plan de jeu.

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« Les règles favorisent les équipes qui se régalent dans le désordre, et avec l’arbitrage des rucks, c’est devenu vraiment difficile de tenir le ballon pendant 10, 15, 20 phases de jeu », note Ian Madigan, ancien ouvreur du XV du Trèfle, du Leinster et de l’UBB. « Maintenant, il faut gagner les duels aériens, jouer les transitions, enchaîner les offloads. En bref faire bouger le ballon pour ne pas laisser la défense adverse se mettre en place. Et les Français sont excellents là-dedans. Ce n’est pas un hasard s’ils ont nettement battu l’Irlande lors des deux derniers Tournois. »

Depuis la dernière Coupe du monde, Cullen est assisté de Jacques Nienaber, venu du staff des Springboks tout juste champions du monde avec un jeu qui se rapproche de ces standards. « Sous Stuart Lancaster, l’arme numéro 1 était l’attaque. Depuis Nienaber, c’est d’abord la conquête, le jeu au pied et la rush défense. Cullen pense que cette stratégie est la clé pour gagner la Coupe d’Europe », souligne Bernard Jackman, ancien talonneur du Leinster et ex-entraîneur de Grenoble.

« Leçons douloureuses »

Dans ce binôme, Cullen choisit les joueurs et décide du coaching, Nienaber se charge de l’aspect tactique et des entraînements. « Il parle aussi beaucoup de l’aspect mental », précise Rabah Slimani, pilier français du Leinster. « Les joueurs pensent à ces finales perdues parce que ça marque. Quand je suis arrivé, ils n’avaient rien gagné depuis trois ans, ça commençait à peser sur le moral des joueurs. Le titre en URC la saison dernière a un peu relancé la machine. »

L’an passé, pour la journée de championnat qui précédait la demi-finale de Champions Cup contre Northampton, le staff avait mis au repos 14 des 15 titulaires prévus, et cela n’avait pas fonctionné pour prendre le dessus sur des Saints pourtant novices à ce niveau. Changement de braquet cette saison : le week-end dernier, Cullen a aligné quasiment son équipe type contre les Ospreys, qui se sont fait éparpiller (68-14). À force de recevoir des « leçons parfois douloureuses » (le centre Garry Ringrose), le Leinster « ne met pas la poussière sous le tapis » (l’entraîneur des avants Robin McBryde). Leo Cullen, lui, s’en est récemment pris aux médias irlandais, trop sévères à ses yeux, alors qu’il dispose de moyens considérables. Il peut au moins s’appuyer sur une statistique : depuis la finale de 2024, son équipe a croisé la route de quatre adversaires français (La Rochelle deux fois, Bayonne, Clermont et Toulon) et s’est toujours imposée.

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