Philippe Sella, ancien centre international du XV de France, a révélé dans une interview accordée à Libération qu'il souffre de sérieuses pertes de mémoire, conséquences directes des commotions cérébrales subies durant sa carrière. L'ancien joueur, âgé de 54 ans, a confié avoir des difficultés à se souvenir de certains moments de sa vie, y compris des matchs marquants.
Une carrière marquée par les chocs
Philippe Sella, qui a porté le maillot du XV de France à 111 reprises entre 1982 et 1995, a expliqué que les commotions étaient fréquentes à son époque, mais qu'elles n'étaient pas prises au sérieux. « On ne parlait pas de commotions, on disait simplement qu'on avait pris un coup sur la tête », a-t-il déclaré. Il a ajouté que les joueurs étaient encouragés à continuer à jouer, même après des chocs violents.
Selon lui, les séquelles sont aujourd'hui visibles : « Je peux oublier ce que j'ai fait la veille, ou même des moments importants de ma carrière. C'est frustrant. » Il a notamment mentionné ne plus se souvenir précisément de certaines finales ou de rencontres historiques.
Un témoignage qui alerte sur les dangers du rugby
Ce témoignage s'ajoute à une série de révélations d'anciens rugbymen qui souffrent de troubles neurologiques. Des études récentes ont montré que les commotions répétées augmentent le risque de maladies neurodégénératives, comme l'encéphalopathie traumatique chronique (ETC). Philippe Sella souhaite que son expérience serve à sensibiliser les générations actuelles et futures.
« Il faut protéger les joueurs, surtout les jeunes. On ne doit plus accepter de jouer avec des symptômes de commotion », a-t-il insisté. Il appelle également à une meilleure prise en charge médicale et à des protocoles plus stricts dans le rugby professionnel.
Un appel à la vigilance pour l'avenir du sport
L'ancien joueur, aujourd'hui consultant, espère que les instances du rugby prendront des mesures plus fermes. Il souligne que la santé des joueurs doit primer sur l'enjeu sportif. « Le rugby est un sport magnifique, mais il doit évoluer pour préserver ceux qui le pratiquent », a-t-il conclu.
Ce témoignage intervient alors que le débat sur les commotions dans le sport est de plus en plus présent, notamment en France et à l'international. Plusieurs anciens joueurs ont déjà rejoint des associations pour soutenir la recherche et améliorer la prévention.



