Casey Wasserman fragilisé par ses liens avec Epstein, des artistes quittent son agence
Wasserman fragilisé par Epstein, artistes quittent son agence

La réputation du patron des JO 2028 de Los Angeles mise à mal

La pression ne cesse de monter autour de Casey Wasserman, le président du comité d'organisation des Jeux olympiques 2028 à Los Angeles. Cette situation délicate fait suite à la publication, fin janvier, d'e-mails où il entretient une correspondance avec Ghislaine Maxwell, l'ex-compagne de Jeffrey Epstein, actuellement emprisonnée pour avoir aidé le financier décédé à recruter des prostituées mineures.

Des défections artistiques significatives

La dernière conséquence en date de cette affaire est la rupture, lundi 9 février, de la chanteuse américaine très populaire Chappell Roan avec l'agence Wasserman. Cette entreprise représente de nombreuses stars musicales, dont Pharrell Williams ou les groupes Coldplay et Imagine Dragons. « Aucun artiste, agent ou employé ne devrait être amené à défendre ou à fermer les yeux sur des actes qui sont profondément en contradiction avec nos valeurs morales », a dénoncé la star de la pop, sans faire explicitement référence au dossier Epstein.

D'autres artistes moins connus ont également quitté l'agence Wasserman ces derniers jours. Selon le Hollywood Reporter, d'autres stars envisagent de couper les ponts, et des employés songent même à racheter la société pour la renommer, témoignant d'une crise de confiance interne.

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Des excuses mais une réputation ternie

Bien qu'il ne soit accusé d'aucun acte répréhensible en lien direct avec Jeffrey Epstein, M. Wasserman a publié un communiqué dans lequel il a exprimé ses « profonds regrets » concernant cette correspondance datant de 2003 avec Mme Maxwell, soit trois ans avant la première arrestation du criminel sexuel. Il ne fait l'objet d'aucune poursuite judiciaire, mais ces e-mails où il déclarait rêver de la voir dans une « tenue moulante en cuir », alors qu'il était marié, le fragilisent considérablement.

Casey Wasserman figurait parmi une poignée de personnalités du monde du divertissement, dont les acteurs Kevin Spacey et Chris Tucker, qui ont accompagné l'ancien président américain Bill Clinton à bord du jet de Jeffrey Epstein pour un voyage philanthropique en Afrique en 2002. Dans une déclaration au Los Angeles Times le 8 février, il a affirmé que c'était la seule fois où il l'avait rencontré. « Après ce voyage, où je n'ai rien vu d'inapproprié, je ne lui ai plus jamais parlé, je ne l'ai plus jamais vu et je n'ai plus jamais communiqué avec lui », a-t-il déclaré.

Une influence étendue mais contestée

La réputation de cet homme d'affaires de 51 ans, doté d'une grande influence dans le sport, le cinéma, la musique et la politique, se ternit de plus en plus. La presse américaine a récemment exhumé un article de tabloïd de 2024, l'accusant d'être un « trompeur invétéré » ayant eu des relations avec plusieurs employées. La semaine dernière, plusieurs élus locaux de Los Angeles l'ont appelé à démissionner de ses fonctions de patron des prochains JO d'été.

« Le fait qu'il nous représente sur la scène internationale détourne l'attention de nos athlètes et des efforts considérables nécessaires pour préparer 2028 », a estimé l'une d'entre eux, Janice Hahn. En visite aux JO d'hiver de Milan, la délégation représentant Los Angeles a fait profil bas et M. Wasserman n'a pas pris de questions. Il a néanmoins reçu le soutien du comité olympique américain (USOPC).

Des enjeux financiers colossaux et un soutien institutionnel

La maire de Los Angeles, Karen Bass, refuse de se laisser entraîner dans la polémique, à deux ans de Jeux cruciaux pour une métropole récemment frappée par des incendies meurtriers et les descentes anti-migrants ordonnées par Donald Trump. Pour la démocrate, la question du maintien de M. Wasserman relève du seul conseil d'administration de LA 2028.

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Cet organe, qui pilote le comité d'organisation des JO de Los Angeles, est composé d'une trentaine de personnalités, dont beaucoup sont des amis de M. Wasserman ou de sa famille – son père, Lew Wasserman, était un magnat du cinéma et a notamment dirigé Universal Studios. Un désaveu paraît donc improbable. D'autant plus que M. Wasserman s'est imposé comme un interlocuteur privilégié de l'administration Trump, et est impliqué depuis plus de dix ans dans la préparation de ces JO aux enjeux financiers énormes.

Comme en 1984, Los Angeles a opté pour des Jeux largement financés par le secteur privé. Le budget de LA 2028, estimé à environ 7 milliards de dollars (5,9 milliards d'euros environ), doit notamment être financé à hauteur de 2,5 milliards par des sponsors. En cas d'échec de l'organisation à s'autofinancer, les contribuables californiens risquent d'éponger plusieurs centaines de millions de cette facture.

Début décembre, M. Wasserman a annoncé avoir déjà sécurisé plus de 2 milliards en sponsors divers. Et malgré la polémique l'entourant depuis une dizaine de jours, aucun des grands groupes impliqués – Google, Uber, Starbucks, Honda, etc. – n'a réagi ou fait mention d'une quelconque intention de se retirer, indiquant une certaine résilience de son positionnement malgré les turbulences médiatiques.