Couple condamné à Grasse pour proxénétisme aggravé sur une mineure de 13 ans
Proxénétisme à Grasse : couple condamné, victime de 13 ans

Un couple à peine majeur a été condamné à 3 ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Grasse, ce mercredi 12 août, pour proxénétisme aggravé. Les deux jeunes gens, âgés de 18 et 19 ans, avaient prostitué deux jeunes femmes, dont une adolescente de 13 ans, entre Nice, Cannes, Carry-le-Rouet et Vienne, de mai à juin 2026.

Une annonce sur TikTok et une mécanique bien huilée

L'affaire a débuté en juin dernier, lorsque la police a retrouvé M., 13 ans, à la gare de Cannes. Dénutrie et apeurée, l'adolescente a d'abord prétendu être majeure, avant de raconter aux enquêteurs qu'elle se prostituait et qu'elle venait de fuir un Airbnb où une rixe avait éclaté. Elle a donné le nom et le téléphone de son proxénète, W., 19 ans, qui a été interpellé avec sa compagne, R., 18 ans.

Le couple a expliqué s'être lancé dans le proxénétisme pour financer leur mariage religieux, les fonds manquant. Selon la présidente du tribunal, Laurie Duca, ils ont mis en ligne une liste de prestations sur un site de rencontre, avec des tarifs précis : pénétration, avec ou sans préservatif, éjaculation, supplément uro, scatologie. Une annonce avait également été postée sur TikTok, sur les conseils d'une amie prostituée.

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« L'argent facile nous a éblouis »

Le couple a reconnu avoir encadré l'activité de M. et d'une autre jeune femme, L., 23 ans. R. a déclaré : « L'argent facile nous a éblouis. » Interrogée sur les gains, elle a répondu : « Je dirais entre 3 000 et 4 000 euros, franchement elle travaillait pas tous les jours. » La présidente a souligné « la facilité du passage à l'acte » et l'amateurisme du couple, contrastant avec des actions « bien rodées », notamment des messages envoyés pour recruter de nouvelles prostituées.

La gravité des actes et la condamnation

Me Leslie Perot Lerda, avocate de la partie civile, a dénoncé : « Ils ont sciemment, méthodiquement mis en place l'exploitation sexuelle d'une fille de 13 ans. Nuit après nuit, M. a été livrée à des hommes. Est-ce qu'elle a le sida, une MST, on n'en sait rien ? » La procureure Marie Nezam a cité W. : « J'en ai pas tiré énormément », ajoutant : « Cette phrase résume tout autant qu'elle est odieuse. » Elle a rejeté l'argument de l'immaturité : « On n'a pas besoin d'être vieux pour avoir de l'empathie. »

La défense, avec Me Mathilda Hakimi et Me Audrey Vazzana, a critiqué une enquête bâclée et évoqué le rôle des réseaux sociaux : « Les réseaux sociaux, c'est le malheur de la jeunesse. Tout paraît facile et dénué de gravité, le sexe est dédramatisé et cela explique pourquoi ce gamin n'a pas vu la gravité de ses actes. »

La procureure avait requis 6 ans d'emprisonnement avec maintien en détention. Le tribunal a finalement condamné le couple à 3 ans de prison, avec maintien en détention et interdiction d'entrer en contact l'un avec l'autre.

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