La candidature des Alpes françaises pour les Jeux olympiques d'hiver 2030 est confrontée à des problèmes de gouvernance, selon la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra. Dans une interview accordée au Dauphiné Libéré, elle a souligné un manque de coordination entre les différentes parties prenantes, risquant de compromettre le dossier.
Des critiques sur la structure de pilotage
Amélie Oudéa-Castéra a notamment pointé du doigt l'absence d'une instance unique de pilotage capable de fédérer les acteurs locaux, les collectivités et l'État. « Il y a un vrai problème de gouvernance. On a besoin d'une structure claire et efficace pour porter ce projet », a-t-elle déclaré. La ministre a également évoqué des tensions entre les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui doivent collaborer pour l'organisation.
Selon des sources proches du dossier, le calendrier serré — la date limite de dépôt des candidatures est fixée à 2024 — rend ces dissensions d'autant plus préoccupantes. La France, qui avait obtenu une exclusivité des négociations avec le Comité international olympique (CIO) en 2022, doit désormais convaincre de sa capacité à livrer des Jeux à la fois sobres et spectaculaires.
Un enjeu économique et écologique
Le projet Alpes 2030 mise sur des sites existants et une empreinte carbone réduite, mais la complexité administrative freine son avancement. Les experts estiment que le coût total pourrait avoisiner les 2 milliards d'euros, un chiffre qui inquiète certaines collectivités locales. « Si la gouvernance n'est pas clarifiée, on risque de perdre la confiance des investisseurs et du CIO », a averti la ministre.
De son côté, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, a réaffirmé son soutien au projet, tout en reconnaissant des « défis d'organisation ». Il a plaidé pour une « gouvernance partagée » respectant les spécificités de chaque territoire.
Des précédents inquiétants
Les difficultés de pilotage rappellent celles rencontrées pour les Jeux de Paris 2024, où le comité d'organisation a dû être restructuré à plusieurs reprises. Mais pour les Alpes, l'enjeu est différent : il s'agit de Jeux d'hiver, nécessitant une coordination sur des territoires vastes et souvent enneigés. La Fédération internationale de ski a déjà exprimé des réserves sur la capacité des Alpes françaises à accueillir toutes les épreuves dans des conditions optimales.
Amélie Oudéa-Castéra a appelé à une réunion d'urgence avec les élus locaux et les représentants du sport pour « remettre les choses à plat ». Une décision finale du CIO est attendue pour 2025. Si les problèmes de gouvernance ne sont pas résolus, la France pourrait voir sa candidature reléguée au profit d'autres prétendants, comme la Suède ou la Suisse.



