Yan Diomandé, le prodige ivoirien au Mondial, hanté par la mort de sa sœur
Yan Diomandé, prodige ivoirien, marqué par le drame familial

À seulement 19 ans, Yan Diomandé sera l'atout offensif majeur de la Côte d'Ivoire face à l'Allemagne ce samedi 20 juin au Mondial 2026 de football. Le joueur de Leipzig, nouvelle révélation de la Bundesliga, porte un lourd secret : la mort dramatique de sa sœur Roxane, décédée à 15 ans après avoir été droguée à son insu.

Un drame familial qui a tout changé

Le téléphone de Yan Diomandé n'arrête pas de sonner en ce début de printemps 2025, quelques semaines après ses débuts en Liga espagnole avec Leganés et son match contre le Real Madrid. Un numéro ivoirien. Agacé, il décroche. Son monde s'effondre. « Ta sœur est partie. Elle est morte. Quelqu'un a mis quelque chose dans son verre à une fête et elle ne s'est jamais réveillée », lui annonce-t-on à près de 6 000 km de distance. « Ils n'ont même pas cherché à atténuer le choc. Tu sais comment c'est là-bas. Pas d'émotion ».

Ce récit bouleversant, Diomandé le livre dans une longue lettre émouvante adressée à Roxane, écrite juste avant ses débuts réussis en Coupe du monde contre l'Équateur (1-0), et publiée sur le site The Players Tribune à trois jours d'affronter l'Allemagne et ses quatre titres planétaires. « Tu te rappelles », répète-t-il en filant l'anaphore pour raconter leur histoire familiale : l'enfance à 25 dans une maison d'Abidjan, le faux maillot de Manchester United floqué « Ronaldo 7 » au marqueur noir, le surnom de « Roberto Carlos » hérité à cause de la puissance de ses frappes.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un parcours marqué par l'exil et les épreuves

À 9 ans, il quitte sa famille pour l'Académie Inter Foot Sud Comoé, à une centaine de kilomètres d'Abidjan. « Si loin de la maison », écrit-il. Suivront l'expatriation dans un lycée aux États-Unis à 15 ans, les débuts difficiles, les essais infructueux en Europe, notamment à Chelsea et Crystal Palace où il impressionne Eberechi Eze et Michael Olise. « Mon visa a expiré. Mon rêve a pris fin. Ils m'ont renvoyé en Afrique et on a pleuré ensemble ».

En janvier 2025, il signe enfin un contrat à Leganés, quelques semaines avant le drame qui lui a pris « la seule qui n'a jamais cessé d'y croire ». « Aujourd'hui, je ne ressens rien. C'est comme si je n'étais même plus humain. Depuis que tu es morte, je suis juste vide », confie-t-il.

La révélation fulgurante de la Bundesliga

Plus d'un an après le décès de sa sœur, la carrière de Yan Diomandé a décollé au RB Leipzig, qu'il a rejoint à l'été 2025. Il boucle sa première saison de Bundesliga à la 3e place avec le titre de « rookie » de l'année, récompensant ses douze buts et neuf passes décisives. Son entraîneur Ole Werner le décrit comme « extrêmement spectaculaire, extrêmement clair et, au fond, inarrêtable ». « Ce qui est particulier, c'est qu'il n'a pas besoin de beaucoup de dribbles ou de feintes, mais il s'impose grâce à son timing, sa conduite de balle et sa vitesse », ajoute-t-il.

Diomandé s'est rapidement imposé comme titulaire, à droite ou à gauche de l'attaque. En Allemagne, il devient « l'Allemand ». « Tu vas trouver ça marrant, écrit-il à sa sœur. J'étais toujours en retard. Enfin, pas en retard. J'étais à l'heure mais en Allemagne, ça veut dire que tu es très en retard ». Il finit par arriver 90 minutes en avance tout le temps.

Une promesse éternelle à honorer au Mondial

« Je vais accomplir ce que tu avais prédit, je le jure. Avant même que j'aie des vraies chaussures de foot, tu disais à tout le monde : Mon frère va devenir le plus fort du monde. Je prouverai que tu avais raison ou je mourrai en essayant », conclut-il. Le Mondial 2026 lui offre la plus belle tribune. Après, ce sera la Ligue des champions à l'automne avec Leipzig, où il est sous contrat jusqu'en 2030, à moins qu'un autre club ne s'attache ses services.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale