WTA : tests de genre obligatoires pour les joueuses
WTA : tests de genre obligatoires pour les joueuses

La Women's Tennis Association (WTA) a annoncé une nouvelle mesure controversée : à partir de la saison prochaine, toutes les joueuses souhaitant participer à ses tournois devront se soumettre à des tests de genre obligatoires. Cette décision, officialisée ce 22 juillet, vise selon l'instance à garantir l'équité des compétitions féminines.

Des tests pour vérifier le taux de testostérone

Les tests consisteront à mesurer le taux de testostérone des joueuses, un marqueur hormonal souvent utilisé pour déterminer le sexe biologique. Les joueuses présentant un taux supérieur à un seuil défini par la WTA pourraient être exclues ou contraintes de suivre un traitement pour réduire leur taux. Cette mesure s'inspire des règles déjà en vigueur dans l'athlétisme, où la fédération internationale impose des limites de testostérone pour les athlètes féminines.

La WTA justifie cette décision par la nécessité de protéger l'intégrité du sport féminin et d'éviter que des athlètes présentant des avantages biologiques ne dominent la compétition. Selon un communiqué de l'organisation, « ces tests permettront de garantir des conditions de jeu équitables pour toutes les participantes ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des critiques fusent de toutes parts

Cette annonce a immédiatement suscité une vague de critiques de la part d'associations de défense des droits des femmes et de sportives. La joueuse de tennis américaine Billie Jean King a qualifié cette mesure de « discriminatoire et humiliante » dans un tweet. « Les tests de genre sont invasifs et stigmatisent les femmes qui ne correspondent pas à des normes biologiques arbitraires », a-t-elle écrit.

De son côté, l'association Human Rights Watch a dénoncé une violation des droits humains. « Imposer des tests de genre à des sportives est une atteinte à leur vie privée et à leur dignité », a déclaré un porte-parole de l'ONG. « Ces mesures ne reposent sur aucune base scientifique solide et risquent d'exclure des athlètes qui sont biologiquement femmes. »

Un précédent dans l'athlétisme

La WTA s'inspire des règles de l'Association internationale des fédérations d'athlétisme (IAAF), qui a imposé des limites de testostérone pour les athlètes féminines en 2018. Cette décision avait été contestée par la sprinteuse sud-africaine Caster Semenya, qui avait porté l'affaire devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). En 2019, le TAS avait validé les règles de l'IAAF, estimant qu'elles étaient nécessaires pour préserver l'équité des compétitions féminines.

Cependant, de nombreux scientifiques contestent la fiabilité du taux de testostérone comme seul indicateur du sexe biologique. Selon le professeur de biologie endocrinienne Richard Auchus, de l'Université du Michigan, « la testostérone n'est qu'un facteur parmi d'autres, et son taux ne détermine pas à lui seul la performance sportive ».

Des conséquences potentiellement graves

Les joueuses qui refuseraient de se soumettre aux tests pourraient être exclues des tournois WTA, ce qui mettrait fin à leur carrière professionnelle. Certaines pourraient également subir des pressions pour suivre des traitements hormonaux aux effets secondaires potentiellement dangereux. La joueuse de tennis française Alizé Cornet a exprimé son inquiétude : « C'est une décision brutale qui va toucher des jeunes filles qui n'ont rien demandé. On mélange tout : genre, biologie et performance. »

La WTA n'a pas précisé comment elle comptait mettre en œuvre ces tests, ni quelles seraient les sanctions en cas de non-respect. L'instance a indiqué qu'elle consulterait des experts médicaux et juridiques avant l'entrée en vigueur de la mesure.

Un débat de société plus large

Cette décision intervient dans un contexte de débat houleux sur la place des femmes transgenres dans le sport. Si la WTA affirme que ses tests visent à exclure les athlètes présentant un avantage biologique, les critiques y voient une attaque contre les femmes transgenres et les femmes intersexuées. « C'est une manière de dire que certaines femmes ne sont pas assez femmes pour concourir », a dénoncé l'activiste transgenre Martina Navratilova.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

La WTA, qui se présente comme un défenseur de l'égalité des genres, se retrouve ainsi au cœur d'une polémique qui divise le monde du tennis. La décision finale est attendue pour la prochaine saison, mais d'ores et déjà, plusieurs joueuses ont menacé de boycotter les tournois si la mesure était maintenue.