Robert Motylski, peintre fugitif : un destin hors norme en podcast
Robert Motylski, peintre fugitif : un destin hors norme

Le 54e épisode de la série Incroyables Destins, diffusé par Midi Libre, est consacré à Robert Motylski, un peintre britannique condamné à perpétuité à 19 ans, évadé après onze ans de prison, et qui a trouvé refuge au Vigan, dans les Cévennes. La journaliste Catherine Unac retrace ce parcours marqué par l'enfermement, la fuite et la création.

Une vie bascule à 19 ans

Né en 1953 à Sheffield, dans le nord de l'Angleterre, Robert Motylski grandit dans un environnement difficile, au sein d'une ville industrielle frappée par la pauvreté. En 1972, à l'âge de 19 ans, sa vie prend un tournant décisif. Une nuit, il se trouve chez un homme qui, selon le récit qu'il livrera plus tard dans ses mémoires, l'agresse sexuellement. Robert se défend violemment. L'homme meurt quelques jours plus tard à l'hôpital.

Le jeune Britannique est alors jugé pour meurtre. Le procès est rapide et la sentence tombe, implacable : la prison à perpétuité. Ce châtiment marque le début d'une longue période de détention dans les prisons britanniques, des lieux qu'il décrira plus tard comme des « cathédrales de malheur ». L'univers carcéral est violent ; un détenu lui crève notamment un œil. Mais c'est aussi derrière les barreaux que Robert découvre la peinture, une pratique qui va transformer son existence. Il dessine, crée et commence à exprimer sur la toile les blessures et les tourments accumulés.

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Une cavale à travers plusieurs pays

Après onze années de détention, sans perspective réelle de libération, l'idée de l'évasion s'impose. Robert Motylski réussit à prendre la fuite. Il adopte alors le pseudonyme de « Joe » et entame une vie de fugitif. Son périple le mène en Irlande, puis en Inde, avant de rejoindre la France. À Montpellier, il tente de reconstruire sa vie : il trouve du travail et devient père d'une fille, Tara. Mais son passé le rattrape.

Dénoncé, il repart vers la Guyane, revient à Montpellier, puis est arrêté et extradé vers l'Angleterre. Quelques années plus tard, alors qu'une nouvelle incarcération se profile, il choisit une nouvelle fois la fuite. Cette cavale répétée illustre la fragilité de sa liberté, toujours menacée.

Le Vigan, un refuge cévenol

C'est au Vigan, dans les Cévennes, que Robert Motylski trouve finalement une forme de répit. Il y rencontre Mimi, une infirmière, et se rapproche de plusieurs habitants engagés dans la vie locale. Autour de lui se constitue un groupe d'amis déterminés à l'aider. Il se consacre alors davantage à la peinture. Ses toiles, sombres et puissantes, sont peuplées de personnages tourmentés et difformes. Il réalise également une fresque sur la façade des locaux du Parti communiste du Vigan, dans un registre différent, marqué par son humour anglais.

Robert écrit aussi son histoire. Un manuscrit brut, rédigé au stylo et intitulé M. le Maudit, dans lequel il raconte la prison, la fuite, la violence et cette existence passée à chercher une liberté toujours fragile. Ce texte reste inédit, ajoutant une part de mystère à son destin.

Des toiles et un manuscrit inédits

Peu à peu, Robert Motylski retrouve une vie plus apaisée. Il renoue avec sa fille et obtient un nouveau passeport britannique. Mais le répit est de courte durée : il meurt le 9 mars 2018, à la veille de ses 65 ans. Depuis, son histoire conserve une part d'ombre. Son manuscrit n'a jamais été publié et, en 2020, quelque 150 de ses peintures ont été retrouvées en Angleterre. Leur devenir reste incertain.

Ce 54e épisode d'Incroyables Destins est disponible gratuitement sur Deezer, Spotify, Amazon Music, YouTube et Podcasts addict, ainsi que sur le site de Midi Libre, rubrique « Podcasts ». Catherine Unac y raconte comment un jeune homme condamné à perpétuité est devenu peintre, fugitif puis figure singulière des Cévennes.

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