Le Trèfle Lozérien, célèbre épreuve d'enduro moto organisée par le Moto club lozérien, fête sa quarantième édition du 5 au 7 juin 2026 en Lozère. Dimanche 7 juin, à 8 h 15, sur la route des gorges du Tarn, à La Malène, près du château de la Caze, l'équipe des bénévoles historiques s'est reformée pour l'occasion. Ces pionniers, présents dès la première édition il y a quarante ans, ont tenu à participer à ce numéro anniversaire.
Un contrôle de passage chargé de souvenirs
Sur ce point de contrôle (CP), ils vérifient le passage des motos et sécurisent la route. « Il fallait forcément y être, se retrouver avec les anciens qui étaient là à l'origine », confie Jean-Pierre Domergue, alors président du Moto club lozérien. Hélène Nivoliès explique leur mission : « On vérifie que les motos prennent le bon chemin et on sécurise le passage sur la route. » Bruno Nivoliès ajoute : « C'est le même format qu'un rallye de voitures. Il y a des liaisons qui ne servent pas à départager les concurrents. Le classement se détermine au temps passé sur les spéciales. Je le sais, j'ai participé à la rédaction du règlement ! »
Les débuts de l'aventure
L'occasion de se remémorer les débuts, quand une poignée de passionnés a créé cette épreuve d'enduro, précurseurs d'autres classiques. « On était dix au début pour tout organiser, rappelle Alain Boissonnade, le noyau dur ! » Seul de la bande à avoir couru le Trèfle, il a parfois fléché avant de courir. « On était tous des pratiquants. Si on avait tous couru, ça risquait de coincer pour l'organisation », sourit Jean-Marc Oziol. Pascal Paulet, responsable du circuit à l'époque, se souvient : « On connaissait beaucoup de chemins. Mais c'était quand même un peu nouveau parce qu'on s'éloignait de Mende. On voulait trouver un circuit représentatif de toute la Lozère. » D'où les trois feuilles du Trèfle, pour parcourir les trois grandes régions géologiques. « Et c'est ce qui fait la caractéristique de cette course, estime Alain Boissonnade. Selon la nature du sol, on ne roule pas de la même façon. Les paysages changent, et l'aspect sportif aussi. »
Des inscriptions au crayon à l'ère numérique
« Pour les premières éditions, le bureau, c'était chez moi, et les réunions c'était chez le Pape (un hôtelier-restaurateur de la ville), se souvient Hélène Nivoliès. J'écrivais les noms des engagés sur de grandes feuilles de papier à dessin, au crayon à papier, parce qu'il fallait pouvoir rectifier. » C'était le temps de la machine à écrire et du téléphone fixe. « Les coureurs appelaient pour s'inscrire, on commençait à sympathiser. Il fallait en remplir, des lignes ! Maintenant, quand je vois que les 600 dossards partent en une poignée de minutes sur internet ! »
Un état d'esprit inchangé
La technique a évolué, mais « l'état d'esprit est resté le même », apprécie Catherine Vaultier, du Moto club de Brioude. Comme d'autres, ils sont restés proches du Trèfle lozérien. Pendant quelques années, les deux clubs s'entraidaient sur des organisations, et les liens d'amitié ont perduré. Sur le CP, on poinçonne encore à l'ancienne la fiche de chaque coureur. Hélène et Catherine cochent chaque passage, d'autres poinçonnent. L'occasion d'échanger quelques mots avec les concurrents. « C'est beau mais c'est difficile d'arriver jusqu'à vous ! », lance l'un d'eux. Le tronçon leur a donné du fil à retordre et réserve une petite surprise : un arbre tombé sur le passage. Impossible de l'évacuer, il faudra faire avec.
La nouvelle génération et la fierté des pionniers
Après les ouvreurs, un groupe de déflécheurs passe. Ils rejoignent une spéciale : « Dès que le dernier est passé, on enlève tout. » On voit passer aussi les motos médicales, puis les concurrents. Cette fois, les premiers au classement passeront en dernier. Les « anciens » en auront vu passer des motards et des éditions. Quarante. « C'est grâce à l'argent du Trèfle à l'époque qu'on a pu créer l'école de moto », raconte Christian Frayssinet, alors trésorier. Ce week-end, les pionniers partageaient le bonheur de voir la famille accueillir de nouvelles générations, et la fierté de participer ensemble à ce grand anniversaire.



