La dernière semaine du Tour de France est lancée, et le constat est amer pour les supporters tricolores. Alors que les Belges affichent déjà six victoires, le panier des Français reste désespérément vide. Les étapes se succèdent, les places d’honneur s’accumulent, et la crainte de finir sans aucune victoire tricolore, ce qui serait une première depuis 1999, grandit. Verra-t-on un Français lever les bras d’ici l’arrivée sur les Champs-Élysées ? Il reste des raisons d’espérer, même si la fenêtre de tir se réduit dangereusement.
Paul Seixas, le plus proche du bouquet
Paul Seixas est celui qui s’est le plus approché de la victoire. Le leader de Decathlon CMA CGM a terminé 4e aux Angles, 5e à Gavarnie, 3e au Lioran, 3e au Markstein, 4e au Plateau de Solaison et 4e du contre-la-montre à Thonon-les-Bains. Un bilan époustouflant à 19 ans. Pour le classement général, c’est parfait : il est quatrième à 20 secondes du podium. Mais pour une victoire d’étape, c’est plus compliqué, puisqu’il n’aura aucune marge de manœuvre : pour gagner, il devra battre Tadej Pogacar, Remco Evenepoel ou Isaac Del Toro à la pédale.
Pourquoi pas samedi ? Une fois en haut du col de Sarenne, il restera 15 kilomètres jusqu’à l’arrivée : une portion de descente, une remontée, une nouvelle descente, et une ultime montée de 3,8 kilomètres vers l’Alpe d’Huez. Un final irrégulier qui pourrait permettre à quelqu’un de profiter d’un marquage. La mission s’annonce de toute façon très compliquée.
Valentin Paret-Peintre en sauveur ?
Il faudra plus probablement compter sur une échappée. Alex Baudin a pris une belle 4e place à Ussel, et on le sait en forme. Le hic, c’est qu’il n’aura peut-être pas les coudées franches dans sa propre équipe avec un Richard Carapaz affamé. Kévin Vauquelin s’est classé 6e à Foix et à Belfort. On voit souvent le Normand à l’avant, mais il risque de tomber sur meilleur grimpeur que lui lors des trois prochaines étapes.
Puisque Lenny Martinez, huitième du général, aura du mal à avoir un bon de sortie, notre meilleure carte sera peut-être Valentin Paret-Peintre. Vainqueur en haut du Ventoux l’an dernier, le grimpeur de la Soudal Quick-Step vise le maillot à pois, donc on le verra à coup sûr à l’avant. Et jouer la gagne ?
Les étapes clés à venir
Peut-être pas vendredi, au bout des 21 virages de l’Alpe d’Huez : Tadej Pogacar n’y a jamais gagné, il voudra probablement cocher cette case prestigieuse. En outre, l’étape ne fera que 128 kilomètres, donc l’échappée pourra plus difficilement creuser l’écart.
Il reste donc deux étapes plus favorables, si les favoris acceptent de s'effacer : ce jeudi, vers Orcières-Merlette, et samedi, un énorme morceau avec la Croix de Fer, le Télégraphe, le Galibier et le Col de Sarenne, pour un total de 5 450 mètres de dénivelé positif. Il faudra avoir de sacrées jambes. Sous peine de devoir jouer à quitte ou double sur les Champs-Élysées, face à des clients comme Mads Pedersen ou Mathieu van der Poel, attendus de pied ferme dans la rue Lepic.



