Baisse des tirs mortels, hausse de la corruption : le rapport 2025 de l'IGPN
Baisse des tirs mortels, hausse de la corruption : rapport IGPN

Le rapport annuel 2025 de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), dévoilé ce mercredi 23 septembre 2026 en exclusivité par France Inter, dresse un bilan contrasté : les tirs mortels et les enquêtes pour usage de la force sont au plus bas, mais les blessés graves et les atteintes à la probité bondissent.

12 morts par balle en 2025, aucun lors d'un refus d'obtempérer

Première donnée majeure : le nombre de personnes tuées par des tirs de policiers poursuit sa tendance à la baisse. L'IGPN a dénombré 12 décès en 2025, contre 16 en 2024. Autre fait notable, pour la deuxième année consécutive, aucun de ces décès n'est survenu dans le cadre d'un refus d'obtempérer, après trois morts recensés en 2023, dont le drame de Nahel à Nanterre.

Si 74 tirs sur des véhicules en mouvement ont été comptabilisés l'an dernier, la situation s'éloigne du pic de 2022, qui avait vu 16 morts. Sur le plan judiciaire, sur ces 12 dossiers mortels, deux n'ont pas donné lieu à une saisine de l'IGPN par les parquets et six ont déjà été classés comme des usages justifiés de l'arme au regard du cadre légal. Quatre procédures demeurent en cours.

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Moins de violences policières, mais les blessés graves augmentent

Plus globalement, les affaires liées à l'usage de la force instruites par l'IGPN ont chuté de 40 % en cinq ans, tombant à 322 enquêtes en 2025, contre 428 en 2024 et 868 en 2019 au plus fort des Gilets jaunes. Elles représentent désormais 30 % de l'activité du service, le niveau le plus bas depuis 2015.

Cette décrue, Stéphane Hardouin, le patron de l'IGPN, l'explique au Parisien par l'absence d'embrasements urbains majeurs en 2025 et par une meilleure maîtrise des interventions à risque, notamment grâce à l'essor des armes intermédiaires : l'usage du pistolet à impulsions électriques (PIE) a atteint un niveau record, avec environ 5 300 tirs.

Le tableau comporte toutefois une ombre de taille : le nombre de blessés graves lors des interventions policières progresse de 19 % par rapport à 2024.

L'alerte rouge sur la corruption et les fuites de fichiers

Avec 235 dossiers ouverts, les affaires d'atteinte à la probité et de corruption sont en nette augmentation. Deux chiffres illustrent cette vulnérabilité : les consultations indues de fichiers de police bondissent de + 81 %, les faits de corruption qualifiés progressent de + 33 %. Fuites de fichiers sur le dark web ou via des messageries cryptées, pressions financières sur des fonctionnaires vulnérables : face à ces dérives, le ministère de l'Intérieur a renforcé son dispositif.

Une Délégation nationale anti-corruption (DNAC) a vu le jour au sein de l'IGPN le 1er septembre 2025, épaulée par de nouveaux outils algorithmiques capables de traquer en temps réel les connexions suspectes aux fichiers de police.

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