Tour de France 2026 : Voeckler voit Pogacar sur une autre planète et Seixas invité
Tour de France 2026 : Voeckler voit Pogacar et Seixas au sommet

À quelques jours du départ de la Grande Boucle (4-26 juillet 2026), Thomas Voeckler, ancien coureur emblématique double porteur du maillot jaune, aujourd'hui consultant pour France Télévisions et sélectionneur de l'équipe de France, s'est confié en toute franchise. Il évoque le duel attendu entre Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, l'émergence de Paul Seixas, les enjeux du cyclisme moderne et les défis qui attendent le peloton.

Un chrono par équipe inaugural très attendu

Interrogé sur le moment de course qu'il attend avec impatience, Voeckler répond sans hésiter : « La première étape avec ce chrono par équipe, comme il ne s'est rien passé avant, les coureurs vont tous le faire à fond. Avec le lieu (Barcelone et la Sagrada Familia, la Rambla, Montjuic, etc.), le fait que ça soit par équipe mais que le temps soit pris sur chaque coureur et qu'il y ait le maillot jaune au bout, je trouve ça vraiment génial. Au moins, on a la certitude que ça commence par un moment super intense. Ça me plaît énormément. »

Paul Seixas : un invité surprise dans le duel des géants ?

Concernant la possibilité que Paul Seixas s'invite dans le duel entre Pogacar et Vingegaard, Voeckler est mesuré mais optimiste : « S'il entre dans l'équation, ce sera dans tous les cas une découverte. On peut aussi apprendre en étant à la bagarre avec les tout meilleurs. En tout cas, il a prouvé qu'il pouvait rivaliser avec Pogacar. Peut-être pas jusqu'au bout car on ne sait pas ce que ça donne sur trois semaines. C'est l'interrogation. Quoi qu'il fasse, on ne lui reprochera rien. En plus, avec sa chute au Dauphiné, sa préparation a été perturbée. Donc la hiérarchie est claire. Pogacar est au-dessus des autres. Pour Vingegaard, ça fait maintenant deux ans qu'il n'y a plus de duel et j'espère pour le suspense que ça va changer. »

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Aucun autre coureur n'intrigue Voeckler

À la question de savoir si un autre coureur l'intrigue pour sa personnalité, Voeckler est catégorique : « Franchement, non, je ne vais pas faire dans l'originalité. Je n'y crois pas avec la Haute-Montagne. Pogacar est sur une autre planète et Paul Seixas a prouvé qu'il pouvait s'y inviter. Et c'est ça qui nous met l'eau à la bouche. Mais je n'en vois aucun autre, même atypique. Je suis curieux de voir jusqu'où ira Florian Lipowitz, mais ce n'est pas un coureur très charismatique, il ne va pas attaquer. Sur les courses à étapes, comme le Tour de France, où il n'y a pas de surprise en dehors des chutes, il n'y aura pas de problème pour Pogacar. »

Le panache, une valeur en voie de disparition

Voeckler, qui incarnait le panache à son époque, regrette l'évolution du cyclisme moderne : « C'est vrai qu'à une époque, même quand on ne gagnait pas, si on dégageait une image positive, le partenaire qui s'engageait pouvait être satisfait des retours sur l'investissement. Aujourd'hui, je crois qu'on préfère être sûr de participer, d'être douzième au classement mondial quitte à ne pas avoir de magnétisme extérieur, d'âme ou alors d'histoire, et qu'on réagit purement et comptablement. Les équipes cyclistes sont devenues de vraies entreprises. C'est obligé, avec le développement et les montants qui sont en jeu, mais je crois qu'il ne faut pas oublier aussi l'essence même du vélo. »

Consultant et sélectionneur : des rôles complémentaires

Voeckler estime que ses doubles fonctions sont bénéfiques : « Je trouve que c'est complémentaire. J'en suis même convaincu. Ce qui est sûr, c'est que ça fait pas mal d'économies sur les frais de déplacements pour la Fédération. J'ajouterais qu'être consultant moto, bien plus que consultant cabine, ça montre que je suis sur le terrain au quotidien. Mes mecs voient que je suis là, à leurs côtés quand ils souffrent, que je ne suis pas décroché. Ça me permet d'avoir du relationnel avec les coureurs, mais aussi et surtout, avec leurs équipes respectives. Ça m'a appris. »

Hommage à Saïd Haddou

Interrogé sur le décès de son ancien coéquipier et chauffeur pour France Télévisions, Saïd Haddou, Voeckler a eu du mal à répondre : « Vous savez, là il n'y a qu'aujourd'hui où j'arrive à en parler. Je n'ai pas la force de vous répondre, sincèrement. »

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La chaleur, un paramètre qui peut bouleverser la course

Voeckler aborde également l'impact de la chaleur sur les performances : « Il y a plein d'astuces qui ont été développées avec les années. Le textile s'est amélioré, la logistique pour rafraîchir la température corporelle également et il existe des innovations comme des gilets de froid que vous mettez avant le départ et après l'arrivée. En revanche, je pense que ça serait des fois bien d'adapter, c'est-à-dire pourquoi pas diminuer la distance de la course, peut-être adapter les horaires aussi pour éviter que ça soit aux heures les plus exposées, même si elles sont bien pour la télévision. Ce n'est pas parce que ces coureurs ne sont pas des humains comme les autres qu'ils n'en souffrent pas. Je me souviens de quelques étapes, notamment en 2003, où c'était horrible, à savoir si je pouvais terminer l'étape. Enfin, c'est comme pour la pluie et le froid, c'est à l'avantage de certains coureurs. Une course peut complètement être changée, que ce soit une course d'un jour ou un grand tour puisque tous les organismes ne répondent pas de la même manière. On peut avoir des surprises. »

Le passeport de performance : un outil crédible contre le dopage ?

Sur le nouveau passeport de performance, Voeckler se montre prudent : « Mon avis, d'une manière générale, est que toute mesure qui permet de lutter encore plus efficacement contre le dopage est la bienvenue, sous réserve qu'elle soit fiable. Que ce soit contraignant ou pas pour les motorisés et pour les acteurs. En tant que spectateur ce que je vois c'est que la lutte anti-dopage n'a été efficace que quand tout le monde allait dans le même sens. C'est clair que le vélo est un sport qui a été montré du doigt à juste titre à une époque. Aujourd'hui, ce qui m'inquiète un peu, c'est que même s'il y a des contrôles positifs, on ne prend personne. Je préfère, même si ce n'est pas bon pour l'image du vélo, que de temps en temps, un coureur se fasse avoir, que ce soit un nom important ou pas, parce que ça montrerait que la lutte marche. En fin de compte, l'intérêt du vélo, c'est d'être le sport le plus propre possible. »

Conseil aux spectateurs : ne pas oublier ses enfants

Enfin, Voeckler lance un appel à la vigilance : « Le principal, c'est de tenir ses propres enfants. Souvent, on regarde le spectacle et on va vouloir prendre un bidon qui a été jeté et on en oublie presque son enfant. S'il se prend un coureur à 70 à l'heure, les manettes de frein c'est à hauteur de leur tête. Il y a assez de drame comme ça. »