Le Tour de France 2026 s'élance ce samedi de Barcelone avec un contre-la-montre par équipes de 19,6 kilomètres, un format inédit qui pourrait sacrer un coureur français dès la première étape. La nouveauté réside dans le règlement : les temps ne sont plus pris sur le quatrième ou cinquième coureur de l'équipe, mais individuellement pour chaque coureur dans le final de la colline de Montjuic. Une innovation qui oblige les leaders à se dévoiler dès le départ.
Un retour attendu du chrono par équipes
À 17h05, la première équipe, Caja Rural, s'élancera depuis les bords de la Méditerranée. Cette discipline n'était plus apparue sur la Grande Boucle depuis la victoire de Jumbo-Visma en 2019 à Bruxelles. Christian Prudhomme, le directeur du Tour, explique à l'AFP : « J'adore cette version parce qu'elle représente vraiment ce qu'est le cyclisme : un sport individuel qui se pratique en équipe. On n'aurait jamais remis un contre-la-montre par équipes s'il n'y avait pas eu cette règle-là. »
Le parcours : plat puis côtes
Le tracé de 19,6 km traverse le centre-ville de Barcelone, passant devant la Sagrada Familia, avant de grimper sur la colline de Montjuic. Thierry Gouvenou, responsable du parcours, détaille : « On a d'abord 15 kilomètres très plats où le travail d'équipe va être primordial avec des grands rouleurs pour prendre de la vitesse. Et puis la deuxième partie où on a deux côtes. Une première de 1 km à 5 % où il faudra garder de la main-d'œuvre pour la descente. Et une seconde de 800 mètres à 7 % pour lancer les leaders. On va avoir quelque chose de très dynamique, difficile à gérer pour les équipes. Mais c'est un peu ce qu'on souhaite. »
Les favoris et la stratégie
Les équipes favorites sont Netcompany Ineos, avec des spécialistes comme Ganna, Tarling, Foss et Arensman, Visma de Jonas Vingegaard, Red Bull Bora de Remco Evenepoel et UAE de Tadej Pogacar. Kévin Vauquelin, leader d'Ineos, « aime cette dynamique de fusée à étages » qui permet de « décanter davantage le classement général ». Geraint Thomas, vainqueur du Tour 2018 et directeur course d'Ineos, assume le rôle de favori : « Je mentirais si je disais le contraire. C'est une belle occasion pour nous, on a des spécialistes du chrono de classe mondiale. On a envie de frapper fort d'entrée. »
Une règle pour éviter les écrasements
Thierry Gouvenou précise que l'objectif de cette règle est aussi « d'éviter d'avoir une équipe qui truste les 4-5 premières places au général pendant plusieurs jours ». Pour que ce soit visuel, « il faut qu'il y ait une vraie côte à la fin où les leaders s'arrachent pour aller chercher quelques secondes ». Montjuic offre cette difficulté.
Les réactions des coureurs
Warren Barguil se dit plus nuancé : « Je suis old school. Pour moi, le chrono par équipes, c'est par équipes. Après, le nouveau format est peut-être plus attractif à regarder à la télé parce qu'il y a différentes stratégies. Des équipes qui restent à trois jusqu'à la fin, d'autres à un. Mais j'aimais bien l'effort où tout le monde devait rester lié ensemble jusqu'à la fin. »
La première étape du Tour de France 2026 promet un spectacle haletant, où les leaders devront se dévoiler dès le premier jour. Le premier maillot jaune sera décerné samedi soir, et un coureur français pourrait bien en profiter.



