Le Top 14 s'apprête à vivre un changement majeur : le nombre de remplacements autorisés par match passe de douze à huit. Cette décision, annoncée le lundi 27 mai par la Ligue Nationale de Rugby (LNR) et la Fédération Française de Rugby (FFR), suscite des réactions contrastées au sein des clubs. À Montpellier, le manager Joan Caudullo s'est exprimé sur cette évolution qui va profondément modifier la gestion des effectifs et la préparation physique des joueurs.
Un calendrier déjà surchargé
Avec vingt-six journées de championnat, auxquelles s'ajoutent jusqu'à huit rencontres de Coupe d'Europe et d'éventuelles phases finales, le calendrier des clubs de Top 14 est particulièrement dense. Les déplacements et les doublons avec les compétitions internationales mettent les organismes à rude épreuve. Depuis 2018, les staffs techniques avaient la possibilité d'effectuer jusqu'à douze changements par match, offrant une flexibilité appréciable. Le retour à huit remplacements, soit le nombre de joueurs sur le banc, aligne le championnat sur les standards internationaux.
Uniformisation avec le rugby mondial
Joan Caudullo, manager du MHR, s'est dit favorable à cette uniformisation avec le niveau international et la Coupe d'Europe. Cependant, il reconnaît que cette règle lui offrait une marge de manœuvre précieuse. "Ce qui me plaisait, c'était la possibilité de sortir mon neuf du banc et de pouvoir le faire matcher, parce que je savais que j'avais un retour possible", a-t-il expliqué. Cette flexibilité permettait d'adapter les rotations en fonction de l'état de forme des joueurs ou du scénario du match. La perte de ce "petit confort" aura des conséquences, notamment pour les demis de mêlée et surtout pour le temps de jeu des avants.
Billy Vunipola doit bosser pour 80 minutes
Fini, par exemple, le coaching à la 50e minute pour le troisième ligne Billy Vunipola, qui pouvait revenir en fin de match pour disputer les dix dernières minutes. "Je lui ai dit : Billy, il va falloir que tu bosses physiquement pour les 80 minutes", a souri Joan Caudullo. Cette réduction du nombre de remplacements va nécessiter une préparation physique renforcée et une gestion différente des efforts.
Une opportunité pour les jeunes talents
Si la diminution des remplacements pourrait se faire au détriment de la fraîcheur des avants en fin de rencontre, elle pourrait aussi favoriser l'émergence de nouveaux profils. "On a des jeunes qui sont en train de monter en puissance, surtout devant. Et justement, on les verra la saison prochaine. Beaucoup plus", a conclu Joan Caudullo avec fierté. Le manager du MHR voit dans cette contrainte une chance pour les jeunes joueurs de gagner du temps de jeu et de s'affirmer.
Préparation physique, recrutement, formation : les défis sont nombreux. Joan Caudullo en est conscient : "Il y a énormément de trucs qui vont nous changer. L'organisation sera différente mais je ne suis pas inquiet pour la suite". Le MHR devra s'adapter rapidement pour aborder cette nouvelle saison avec des ressources optimisées.



