Pêcheurs équatoriens attaqués par drones : la piste de la CIA
Pêcheurs équatoriens attaqués par drones : la piste de la CIA

Des pêcheurs équatoriens sont "traumatisés" après une attaque de drones survenue en mars au large des îles Galápagos, dans le Pacifique. Selon un rescapé interrogé par CNN, son bateau a été touché alors qu'il était en pleine mer. Une première frappe, fin janvier, avait tué les huit membres d'équipage d'un navire similaire dans la même zone. Plusieurs survivants souffrent de blessures graves : troubles de l'ouïe ou de la vision, traumatisme crânien, difficultés à marcher.

Une attaque en pleine nuit

Des images recueillies par CNN montrent un bateau déserté, envahi par les flammes qui illuminent la nuit. "On a entendu l'explosion, et boum !", raconte l'un des survivants. Après l'attaque, des hommes armés ont accosté le navire et ont transporté les pêcheurs menottés jusqu'au Salvador voisin. Là, ils ont été soignés, nourris, interrogés, puis renvoyés par avion à Manta, leur ville d'origine en Équateur. Une autre équipe de pêcheurs a subi le même sort quelques jours plus tard.

Des navires dans une zone de trafic de drogue

Pourquoi ces navires ont-ils été attaqués, et par qui ? Les pêcheurs concernés ont affirmé à CNN qu'ils ne faisaient que leur travail. Les îles Galápagos sont un carrefour stratégique du trafic de drogue. Certains pêcheurs locaux acceptent, en plus de leur activité, des emplois officieux de livreurs d'essence pour des passeurs qui veulent se rendre aux États-Unis. Depuis l'automne 2025, plusieurs navires soupçonnés de transporter de la drogue sont la cible de frappes américaines, qui assimilent ces personnes à des "narcoterroristes". Ces actions sont critiquées par les organisations de défense des droits humains et par l'opposition démocrate, qui y voient des exécutions arbitraires.

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Un avion "fantôme" et la piste de la CIA

Les États-Unis n'ont pas revendiqué les trois attaques, ce qui est inhabituel. Rien ne prouve qu'il s'agissait de complices du trafic. Selon des révélations du Washington Post du 13 août, c'est la CIA qui aurait mené ces attaques, et non le Pentagone. Les documents du Post et du New York Times montrent que les navires ont été traqués pendant plusieurs jours par un avion avec un radar de surveillance, immatriculé aux États-Unis. Or, cet avion est "fantôme" : sa plaque n'est pas dans les registres de l'administration fédérale d'aviation. La société qui a réservé ce numéro n'a aucun site Internet, et son adresse mène à une boîte aux lettres dans un magasin UPS de l'État de Virginie. L'avion a décollé et atterri à l'aéroport d'Ilopango au Salvador, une base utilisée par l'armée américaine et la CIA entre 1985 et 1986 pour armer les Contras.

Des liens entre Salvador et CIA

L'identité précise des responsables n'est pas connue. L'hypothèse des médias américains est une collaboration entre le Salvador et la CIA, car les hommes armés parlaient anglais, à l'exception de deux interprètes espagnols. Cette entente est favorisée par les bonnes relations entre Donald Trump et le président salvadorien Nayib Bukele, qui a construit son pouvoir sur une répression autoritaire des gangs.

Les familles des survivants et disparus, principalement des mères, ont diffusé des photos de leurs proches et réclament justice. Les rescapés, accompagnés d'un avocat, veulent porter plainte aux États-Unis, mais l'identification précise des responsables s'avère difficile, voire nébuleuse.

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