Le sélectionneur de la Norvège, Stale Solbakken, a été victime d'un arrêt cardiaque le 13 mars 2001. Ranimé de justesse, il mesure aujourd'hui sa chance d'être en vie. Il défie l'équipe de France ce vendredi 16 juin à 21h à Foxborough, près de Boston, pour la première place du groupe I de la Coupe du monde.
Un miraculé du cœur
Le technicien de 58 ans est l'homme qui a ramené la Norvège en Coupe du monde, une première depuis 1998. Son équipe s'est lancée parfaitement dans le tournoi avec des victoires contre l'Irak (4-1) et le Sénégal (3-2). En qualifications, les Norvégiens ont écrasé leur groupe devant l'Italie, battue 3-0 à Oslo et 4-1 à Milan. Solbakken et ses joueurs ont redonné de la fierté au football norvégien.
La vie de l'ex-milieu international (58 sélections) a basculé le 13 mars 2001. Un an après sa retraite en sélection, à l'issue de l'Euro 2000, le natif de Kongsvinger s'entraînait avec le FC Copenhague. Il s'est effondré, victime d'un malaise cardiaque. Son cœur a cessé de battre pendant sept longues minutes. Le médecin du club, Frank Odgaard, l'a ranimé in extremis avant son transport aux urgences. Plongé dans le coma, Solbakken s'est réveillé 30 heures plus tard. Les examens ont révélé une malformation cardiaque. « Il était cliniquement mort. C'est un miracle qu'il s'en soit sorti », a commenté Frank Odgaard en 2006 dans le Guardian.
Une carrière d'entraîneur bâtie après la mort clinique
La carrière de joueur de Solbakken était terminée. La pose d'un pacemaker est devenue obligatoire. Mais une idée a germé : il deviendrait entraîneur. À 34 ans, il a pris les rênes de Ham Kam, un club de D2 norvégienne. La saison suivante, il a obtenu ses premiers résultats marquants sur le banc de Copenhague, club auquel il est intimement lié. Bien qu'il n'ait porté son maillot qu'à 14 reprises avant son accident, il a ramené au club huit titres de champion et quatre Coupes en deux mandats (2006-2011, 2013-2020).
Ce palmarès l'a guidé en 2020 jusqu'aux Lions, surnom de la sélection scandinave. Il a manqué le Mondial 2022 et l'Euro 2024, mais la patience de ses dirigeants a payé. La Norvège a retrouvé une compétition internationale pour la première fois depuis 2000. Avec Solbakken, déjà qualifiée pour les 16es, elle jouera même un premier match à élimination directe en grand tournoi depuis son huitième du Mondial 98, perdu contre l'Italie de Christian Vieri (1-0). Un match auquel le coach avait participé.
Un leader qui inspire son équipe
Aujourd'hui, sa combativité irradie sur son groupe. Son équipe est équilibrée et il tord le cou aux ego. Les stars comme Ödegaard et Haaland défendent comme si leur vie en dépendait. Lui n'oublie jamais qu'il est miraculé. « Une expérience comme celle que j'ai vécue change forcément des choses, a expliqué Solbakken en septembre dernier sur le site de la Fifa. Quand je suis à l'entraînement ou en match, je n'y pense pas, je suis complètement concentré sur ce que je fais et je veux gagner à tout prix. Je suppose que c'est après, une fois le calme revenu, que cela me permet de faire la différence entre ce qui compte vraiment dans la vie et ce qui n'a pas d'importance. Je n'ai eu aucun problème depuis car tout a été très bien géré. Aujourd'hui, je suis en bonne santé mais tout le monde n'a pas cette chance. »
Après avoir frôlé la mort, il n'a peur de rien, y compris des Bleus. Il a révolutionné le fonds de jeu norvégien. Lors de la dernière participation des Norvégiens au Mondial, le football pratiqué par les hommes d'Egil « Drillo » Olsen était bien différent. Olsen prônait un jeu plus direct et restrictif, s'appuyant sur une défense de zone et des consignes de jeu long vers les attaquants Tore André Flo et Ole Gunnar Solskjaer. Solbakken, qui a joué trois rencontres du Mondial 1998, propose un football plus posé et technique depuis qu'il est sélectionneur.



