Football à Six-Fours : le maire coupe les subventions, le club crie à l'acharnement
Six-Fours : rupture entre la mairie et le club de football

Carton rouge. Le bras de fer engagé entre la mairie et le Six-Fours Le Brusc Football Club, en difficulté suite au non-versement d'une subvention municipale, entraîne une réplique sismique qui rebondit sur l'ensemble des associations sportives de la commune. « Dorénavant, toutes les subventions versées par la Ville à un club de sport local devront être exclusivement réservées à la pratique sportive des enfants. Pas aux équipes premières, annonce le maire Frédéric Boccaletti, en première ligne face à une polémique entretenue sur les réseaux sociaux par les dirigeants du club de foot et l'opposition municipale. Ce sera inscrit dans les conventions d'objectifs ». Dont acte.

Un signalement au procureur de la République de Toulon

« J'ai été suffisamment patient ! Au terme de la convention qui le lie à la commune, le club est tenu de produire à la demande de celle-ci un bilan détaillé des activités et des éléments financiers, ce qu'il n'a pas fait », tire le maire, qui « suit le dossier depuis bien avant (son) élection » et qui siffle la fin de la partie.

Il reproche en substance à l'équipe dirigeante du club de foot un manque de transparence, de communication des éléments comptables, un « endettement abyssal de près de 194 000 euros » et une gestion financière opaque. « Voire des problèmes de légalité de gestion », tacle-t-il. Une suspicion à propos de laquelle il vient d'ailleurs d'adresser un signalement, comme il l'avait annoncé en conseil municipal (Var-matin du 6 juin) au procureur de la République de Toulon. Tandis que le Département et la métropole TPM ont à leur tour gelé l'attribution de subvention au club.

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« Il y a pire que de donner de l'argent à une association qui gère très mal son club, s'agace le maire. Si demain des problèmes de légalité de gestion étaient avérés, je pourrais être tenu pénalement responsable ».

La défense du président du club

Dans la ligne de but adverse, Christophe Orso, le président du club, qui met sa démission dans la balance, se défend en dénonçant « un acharnement » politique, en détaillant des « comportements déloyaux » de la part du maire et des « promesses non tenues ». Il contre-argumente point par point en minimisant « la dette du club exigible à court terme à 16 000 euros ».

« En grande difficulté face au blocage des subventions, nous avons donc assumé nos responsabilités et réglé les problèmes avec nos fonds personnels, afin de préserver la continuité du club et les engagements pris envers nos licenciés », souligne-t-il.

Le divorce semble consommé

Pour preuve de sa volonté de transparence, Frédéric Boccaletti qui a proposé au président du club une nouvelle convention pour régulariser l'utilisation du club-house de l'association « qui l'occupait illégalement depuis deux ans, grâce à l'incompétence de mes prédécesseurs », s'est vu opposer en réponse un refus de signature de Christophe Orso, pour qui « toute confiance a disparu ».

Face à l'incertitude, le maire de Six-Fours se veut rassurant : « Le message que j'ai fait passer aux éducateurs qui font un travail extraordinaire et aux parents c'est qu'en septembre : les petits Six-Fournais pourront jouer au foot. Que cela passe par une nouvelle direction ou un nouveau club ».

L'élue d'opposition Stéphanie Guillaume en médiatrice

Des chiffres pour mesurer les enjeux. Cinq cent douze adhérents, 23 équipes, plusieurs centaines d'enfants concernés, 4 stages organisés chaque année, plus de 40 tournois joués à l'extérieur, des journées découvertes, des classes foot et actions solidaires… En les détaillant, l'élue d'opposition Stéphanie Guillaume en appelle à la raison quant au devenir du Six-Fours Le Brusc FC, dont l'équipe première évolue en Régionale 1 et qui, en 2024-2025, s'était vu refuser la montée en Nationale 3 par le « gendarme financier » du foot.

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« Quand une association rencontre des problèmes financiers, le rôle des responsables politiques n'est pas de l'affaiblir davantage, mais de trouver des solutions », statue-t-elle, en appelant « à une table ronde réunissant les dirigeants du club, les entraîneurs, les représentants des parents, les bénévoles et les élus concernés ». Cela afin de « mettre à plat les difficultés, entendre chacun et permettre une reprise apaisée et constructive du club de football ».

Une intervention, dit-elle, effectuée « en nom propre dans un esprit de transparence, de dialogue et de recherche de solutions ». Et d'insister : « Il me semble aujourd'hui indispensable d'apporter des propositions et un accompagnement permettant d'aider ce club, ses bénévoles et surtout ses jeunes licenciés, plutôt que de nourrir des tensions supplémentaires ».