De notre envoyé spécial à Roland-Garros. Un premier set relativement accroché, un deuxième plus déséquilibré, pour un total de plus d'1h30 de jeu : la première « night session » féminine de la quinzaine, la première depuis un bail, puisqu'il fallait remonter à 2023 pour en trouver trace, a accouché d'un bilan respectable.
Un spectacle maîtrisé par Sabalenka
Sabalenka a su maintenir un peu de suspense pour permettre aux nombreux fans d'Osaka en tribune d'y croire un peu. Et comme la numéro 1 mondiale est la personnalité la plus solaire du circuit, elle a accepté sans se faire prier de remercier le Central par une démonstration de danse sur Michael Jackson, histoire de renvoyer tout le monde chez lui avec le sourire.
Première session nocturne féminine depuis 3 ans
La Bélarusse, qui avait déjà été choisie en 2023 pour la dernière night session féminine du tournoi, il y a 33 matchs de cela, est l'une des joueuses qui pousse le plus pour rétablir un semblant d'équilibre. Elle s'est montrée ravie de son petit effet en conférence de presse :
« Je pense que c'est vraiment important qu'ils aient programmé notre match d'aujourd'hui (lundi) en soirée. C'est la bonne décision, l'ambiance et l'attention que ce match a suscitées vont probablement leur montrer qu'à l'avenir, ils devraient envisager de programmer un peu plus de matchs féminins en soirée. J'espère donc que ce match marque le début d'une nouvelle ère pour les matchs féminins en session de nuit. »
Un point de vue optimiste, considérant que l'argument massue avancé par Amélie Mauresmo pour justifier l'absence de matchs féminins en soirée reste valable matin et soir : payer 150 euros pour voir entre une heure et deux heures de tennis maximum, cela fait cher la soirée pour le spectateur.
Une exception qui a profité au public
Celle de lundi a été une exception : les spectateurs les plus malins, et ils étaient nombreux, ont migré telle une procession silencieuse jusqu'au Suzanne-Lenglen, ouvert à tous pour assister à la fin du match entre Arnaldi et Tiafoe. Et quel match : 5h26 de baston mémorable jusqu'à la victoire de l'Italien, l'une des plus longues de l'histoire du tournoi… soit presque 4h de tennis en plus pour ceux qui avaient bien senti le coup.
Cela ressemble à une forme d'alignement des planètes exceptionnelle pour rendre les night sessions féminines plus attractives que celles des hommes, qui, soit dit en passant, ont été particulièrement mièvres cette année en dehors du Fonseca-Ruud de dimanche soir :
Un tableau masculin dépeuplé
C'est ce qui a rendu l'affiche entre Sabalenka et Osaka indiscutable pour la journée de lundi. Il n'y avait pas mieux à proposer, mais cela ne s'est pas joué à grand-chose : on peut penser que Moïse Kouamé, s'il avait renversé Tabilo samedi dernier, aurait découvert le Chatrier en soirée.
Des joueuses assez bankables
Depuis la retraite de Serena Williams, dont le retour en double tout juste annoncé fait frémir quelques suiveurs, il existe peu de joueuses capables de satisfaire 15.000 personnes sur leur nom : l'Américaine avait d'ailleurs eu l'honneur d'inaugurer la première session nocturne de l'histoire du tournoi en 2021. On a en mémoire un seul « raté » de l'organisation en 2024, une empoignade monumentale entre Swiatek et Osaka de presque 3 heures qui avait eu lieu en fin d'après-midi.
Un match de fou sur le Lenglen en même temps
Si on n'a pas entendu trop de plaintes des spectateurs du soir lundi, c'est parce qu'ils connaissent la règle du jeu bien sûr, mais aussi parce qu'ils avaient le droit de rester pour aller voir Arnaldi et Tiafoe se donner à fond sur le Lenglen. Une affiche moyenne sur le papier mais un match de dingues sur le terrain, jusque tard dans la nuit.
Une météo clémente
C'est bête à dire, quand on sort d'un épisode caniculaire comme celui-ci, mais l'expérience est différente en tribune quand la température est idéale, comme lundi, ou frisquette avec toit fermé, comme on peut s'y attendre au vu de ce qui tombe ce mardi sur Paris. Cela joue naturellement sur l'humeur des spectateurs, qui ont pu sortir des placards leurs plus beaux ensembles pour « challenger » la robe dorée d'Osaka. Un vrai bonheur pour les yeux.
Un one-shot sans lendemain ?
Autant d'éléments favorables qui ne sont pas près de se reproduire, si vous voulez notre avis, lequel est évidemment beaucoup moins important que celui d'Amélie Mauresmo. Pour sa défense, la directrice du tournoi n'était pas en poste quand la Fédération a négocié ce drôle de deal avec Amazon dont il est difficile de mesurer le succès : le groupe de Jeff Bezos refuse de communiquer sur ses audiences, même s'il se murmure dans le milieu qu'elles sont beaucoup trop faibles pour être certifiées officiellement.



