PSG : Faut-il renommer le Parc des Princes au nom de Luis Enrique ?
PSG : Le Parc des Princes bientôt au nom de Luis Enrique ?

De notre envoyé spécial à Budapest,

Plutôt qu'une statue à la gloire de Luis Enrique, comme nous le proposions l'an passé à la même date, et si on rebaptisait carrément le Parc des Princes à son nom ? Déjà tout en haut de la légende du Paris Saint-Germain depuis le premier sacre triomphal à Munich en Ligue des champions, le coach asturien vient de réaliser ce qu'aucun autre coach au monde à part Zidane n'avait réussi à faire dans l'histoire moderne de la plus prestigieuse des Coupes d'Europe. Sauf que le double Z l'avait fait avec un Real Madrid à l'ADN de champion, bien aidé par des stars en mode pilote automatique, pour qui la gagne est d'une banalité confondante et quasi-instinctive, comme l'est le fait d'inspirer et d'expirer. Tout l'inverse de Lucho, en somme, qui a récupéré un PSG au bord de l'implosion après la catastrophique expérience des Galactiques de la Porte d'Auteuil et son trio Mbappé-Messi-Neymar.

Parti de (presque) rien pour arriver au sommet

Quand Luis Enrique a pris les rênes de ce PSG au bord du gouffre, personne ne le pensait capable de faire ne serait-ce que le quart de la moitié de ce qu'il a réalisé depuis. On voyait même dans son recrutement une énième tentative désespérée de la direction parisienne de relancer un projet au point mort depuis belle lurette, malgré la campagne européenne sous Covid-19 de Thomas Tuchel qui fut finalement sans lendemain. Au lieu de cela, l'ancien coach du Barça a su construire pas à pas un effectif taillé à son image, le tout en collaboration saine et sereine (ce qui n'était pas dans les habitudes du panier de crabes qu'était le club parisien jusque-là) avec Luis Campos et Nasser Al-Khelaïfi, ces trois-là formant aujourd'hui le trio le plus sexy du continent et de loin.

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Quand on se retourne sur la flèche du temps et que l'on voit les innombrables critiques dont il a été la cible, lui et son équipe – et on y a participé à 20 Minutes – on comprend mieux aujourd'hui le message qu'il tentait de nous faire passer dans son documentaire « No tenéis ni puta idea » (« vous ne pouvez pas comprendre, bande d'ignares », en gros). En effet, on ne comprenait rien et on avait tort. En préparant dès la seconde moitié de sa première saison au PSG son groupe à la vie sans Kylian Mbappé, Luis Enrique savait exactement là où il voulait aller et là où il voulait emmener ses joueurs : à l'une des expressions collectives les plus réjouissantes de ces trente dernières années dans le football européen. Avec des joueurs à la mentalité irréprochable, multitâches et désireux de se dépouiller pour les copains sur le terrain.

Luis Enrique, Mme Irma ou les deux ?

Tout comme il avait annoncé qu'il préférait avoir cinq joueurs qui marquent dix ou quinze buts par saisons plutôt qu'un seul qui en enquille sa petite cinquantaine en sifflotant, « Lucho » avait prévenu les supporters parisiens au lendemain du sacre de Munich que le « meilleur [était] à venir », dans une vidéo passée à la postérité, un jour de canicule sur les routes d'Ile-de-France où l'Asturien faisait sa petite sortie vélo hebdomadaire. Un an après, force est d'admettre que le bougre a (encore) eu raison contre tout le monde. Quand les suiveurs du club de la capitale prédisaient un violent retour de bâton après une saison 2024-2025 à rallonge, celui-ci préparait déjà ses ouailles à viser le back-to-back dès le mois d'août dernier. Or c'est précisément cet esprit compétitif, ce goût du challenge et cette soif insatiable de trophées, qui ont convaincu les joueurs que le plus beau était en effet à venir.

C'est exactement le sens des propos de Marquinhos, samedi, dans les travées de la Puskas Arena, sourire aux lèvres et médaille de champion autour du cou. « On a un entraîneur qui nous pousse toute la journée, dès le premier jour. L'été dernier, il nous a dit que ça allait être encore plus difficile que l'an dernier, qu'on allait devoir travailler encore plus dur pour y arriver. Il nous a montré le chemin », a déclaré le Brésilien en zone mixte.

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Paris vise désormais le trois à la suite

Interrogé sur la volonté de son coach de chasser la deuxième Ligue des champions dès la reprise au mois d'août cette saison, Vitinha a confié que Luis Enrique ne semblait pas avoir envie de s'arrêter là. « C'est la même chose si vous me demandez maintenant pour la troisième Ligue des champions (sourire). Tout le monde mérite, tout le monde a fait un boulot incroyable, tout le monde a cette envie de vouloir gagner encore, de ne jamais vouloir s'arrêter. Luis Enrique est vraiment le moteur de tout ça, j'espère qu'il va nous pousser encore plus ! »

Sur le point de parapher une prolongation de contrat jusqu'en 2030, l'ancien sélectionneur de la Roja a forcément d'énormes ambitions pour les prochaines saisons avec le PSG. D'autant que, comme l'a rappelé Marquinhos, Paris « a des joueurs qui sont encore très jeunes et qui peuvent faire encore plein de choses pendant des années ». Avec un effectif aussi talentueux et aussi jeune, ce serait bête en effet de s'arrêter en si bon chemin. Nous assistons possiblement à l'avènement d'une dynastie sur le continent européen. En homme de défi qu'il a toujours été, sûr que Luis Enrique a désormais le record de Zinédine Zidane dans un coin de sa tête. Elle est prévue pour quand, au fait, sa prochaine sortie à vélo ?