Le bruit est différent. Moins sec qu'au tennis, moins sourd qu'au padel. Un son à découvrir : voilà le pickleball, déjà un méga tube aux États-Unis avec ses 50 millions de pratiquants, dont les anciens pros de tennis Jack Sock, Andre Agassi, Steffi Graf ou Eugénie Bouchard. À Bordeaux, sur le GreenSet de la Pickle Arena, à Bordeaux-Lac, premier lieu exclusivement dédié à ce sport en France, le phénomène sort de sa boîte. Et il a trouvé son ambassadeur girondin : Maxence Schirrecker, loin d'être un novice raquette en main.
Une révélation après une blessure
Après des débuts au tennis à l'âge de 3 ans - 29 aujourd'hui - actuellement classé 3/6 et ancien 1/6, le capitaine des équipes 1 et 2 du TC Villenave-d'Ornon a eu la révélation du pickleball il y a moins d'un an. Une rupture des ligaments du poignet gauche, son côté fort, à l'été 2024, l'a éloigné de la petite balle jaune. C'est à ce moment-là qu'il a découvert le pickleball, par l'intermédiaire d'un cousin. Premier tournoi en septembre 2025 et le voilà, huit mois plus tard, bombardé numéro 5 français de la spécialité. Il a pris la 8e place en simple, et la 6e en double, du récent open de France à Lille. Une ascension fulgurante dans la hiérarchie d'un sport qui monte, tout récemment intégré à la Fédération française de tennis.
Adaptation rapide à un sport hybride
Avec sa haute taille, son jeu agressif et son coup d'œil aiguisé, Maxence a rapidement pris la mesure de ce nouveau sport, mélange de tennis de table (pour la raquette et le geste raccourci), badminton (pour les dimensions du terrain) et donc tennis. Respecter la « kitchen » (zone proche du filet), la zone de non-volée, le service unique croisé « à la cuillère », parties en deux sets gagnants de 11 points selon les anciennes règles du volley (point marqué uniquement sur service) : les règles sont simples à assimiler, même si Maxence Schirrecker reconnaît un temps d'adaptation plus long en double.
Objectif circuit pro européen
Le Villenavais a donc vite gravi les échelons du circuit français, remportant un K100 (3e niveau de tournois derrière les K500 et K250) et vise maintenant plus haut. « J'aimerais intégrer le circuit pro-européen (ERTA) », poursuit-il, afin de se frotter aux meilleurs continentaux bulgares, espagnols ou anglais. Il a fait ses comptes : entre voyages, matériels et hébergements, c'est un budget de 23 000 à 30 000 euros par saison.
À la recherche de partenaires
C'est là que le sportif se transforme en VRP (voyageur, représentant et placier). En créant son association Teams pickleball MS, Maxence Schirrecker s'est mis en quête de partenaires financiers. Sans aide fédérale directe pour l'instant, il démarche les entreprises locales, proposant du mécénat et de la visibilité sur ses tenues. Il mise sur l'aspect « intergénérationnel » de ce sport où un enfant de 8 ans peut échanger avec un senior de 80 ans. Professeur d'éducation sportive contractuel, le Villenavais aimerait aussi développer le pickleball à l'UNSS et à l'AS comme référent. Avec un grand rêve en filigrane : représenter la France aux Jeux olympiques de Brisbane en 2032, où le pickleball devrait devenir un sport olympique.



