Nouvelle recrue du Hyères-Toulon Var basket, en Élite 2, l’arrière Natéo Gabriel Des Bordes (18 ans) revient sur son Euro U18 avec les Bleuets, sa médaille de bronze et ses ambitions avec le HTV après une campagne aussi frustrante qu’instructive.
Une médaille de bronze pleine de fierté
Vainqueur de l’EuroBasket U16 en 2024, Natéo Gabriel Des Bordes est lié à jamais avec la génération 2008 du Centre fédéral. Après la médaille de bronze à l’EuroBasket U18 fin juillet en Italie, l’arrière de 1,96 m s’apprête à découvrir l’Élite 2 avec Hyères-Toulon. Il se confie sur une campagne riche en enseignements.
Comment digère-t-on une demi-finale perdue sur un buzzer-beater moins de vingt-quatre heures avant le match pour le bronze ? « La clé, c’est de passer le plus rapidement possible au match suivant. Ce tir, on l’avait pris, c’était fini. Moins on y pensait, mieux on serait le lendemain. On s’est retrouvés à l’hôtel, on a parlé de ce qui s’était passé et du fait qu’il restait encore une médaille à aller chercher. Chacun a évacué ce qu’il avait en lui pour vite passer au match suivant », explique-t-il.
Une demi-finale qui laisse des regrets
Que représente cette médaille de bronze ? « De la fierté. On savait qu’on avait le potentiel pour être champions, face à des équipes qu’on avait déjà battues. Mais on ne voulait pas finir en pleurant. Troisièmes, c’est bien, on ramène une médaille », souligne-t-il.
Avec un peu de recul, que retient-il de la demi-finale contre l’Italie ? « Elle ne s’est pas jouée uniquement sur le dernier tir. On menait encore de douze à quatorze points à cinq minutes de la fin, on contrôlait le match. On a mal géré cette fin, ils sont revenus et, poussés par leur public, ils ont pris feu. C’est une expérience dont on va apprendre. »
Un rôle de sixième homme assumé
Sorti du banc tout au long de la compétition, il a vécu ce rôle avec sérénité : « C’est un rôle que je connais. Dans cette équipe, tout le monde avait sa chance et les rotations étaient importantes. Au final, j’étais parmi les cinq ou six joueurs les plus utilisés. Je savais que j’aurais mes opportunités. Ça donne encore plus envie d’apporter quand on entre. Le staff me demandait de prendre mes tirs ouverts sans hésiter et de jouer sur mes qualités, notamment le tir. Défensivement, je devais être exemplaire. »
Son adresse extérieure n’a pas été celle espérée. Il l’explique : « J’ai pris beaucoup de bons tirs. Je n’ai simplement pas eu la réussite espérée. Ça fait partie du basket. À moi de continuer à travailler pour être encore plus appliqué dans mon geste et rester efficace. Je garde confiance dans mon tir. » Attaquer davantage le cercle fait-il partie de ses axes de progression ? « Oui. Je suis plutôt à l’aise sur la ligne, donc il faut que j’aille davantage provoquer les fautes et chercher le contact. J’aime le tir à trois points, mais je dois apporter plus de variété dans mon jeu. »
Un lancer franc décisif contre la Grèce
L’image forte de son Euro reste ce lancer franc décisif contre la Grèce. « Il restait 0,8 seconde, on était à égalité et il fallait au moins mettre le premier lancer. Avec le staff, on s’était mis d’accord : je devais marquer le premier puis rater volontairement le second, pour les obliger à jouer le rebond immédiatement sans pouvoir arrêter le jeu », se souvient-il.
Une intégration naturelle au HTV
Comment les contacts avec le HTV se sont-ils noués ? « Ils ont commencé au milieu de la saison dernière par l’intermédiaire de mon agent. J’ai rapidement échangé avec Stéphane Dumas et William Dumas. Comme je suis originaire d’Aix-en-Provence, je connaissais déjà le club pour l’avoir affronté avec Venelles puis le Smuc (Marseille). Le projet me correspondait, le feeling était bon et j’avais suivi la belle saison du HTV. J’ai signé avant l’Euro pour avoir l’esprit libre. »
Il connaissait déjà quelques membres du club : « Antonia Martinez m’a entraîné chez les U18. Jordy Kanza Voudisat faisait partie du staff en sélection. Et j’avais déjà partagé un entraînement individuel avec John Roberson à Paris l’été dernier. »
Des ambitions élevées pour sa première saison
Quels sont ses objectifs pour cette première saison en Élite 2 ? « Je veux apporter tout ce que je sais faire : le tir, la défense, la polyvalence, provoquer des fautes et être le plus efficace possible. J’espère gagner progressivement du temps de jeu et monter en puissance au fil de la saison. » Et collectivement ? « Je pense qu’on a l’effectif pour jouer le haut du tableau. Je sens qu’on va vivre une bonne saison, dans une bonne ambiance, et qu’on va progresser ensemble. »
Hyères-Toulon débutera sa saison 2026-2027 sur le parquet du Pays salonais basket 13 (NM1), le mardi 15 septembre prochain, dans le cadre du premier tour de Coupe de France.



