À dix jours de la reprise du Top 14, le manager du Montpellier Hérault Rugby, Joan Caudullo, a tenu une conférence de presse de rentrée ce jeudi 27 août. Deux mois après la défaite en finale de Top 14 contre Toulouse (28-20), il se livre sur l'état d'esprit de ses troupes, les objectifs de la saison et la gestion de la frustration.
Une préparation courte mais efficace
Interrogé sur la préparation écourtée, Caudullo se montre serein : « Plutôt bien. Les mecs ont de l'énergie, ont envie d'y retourner. » Il explique : « C'est sûr que la prépa est courte mais je ne suis pas très fan des prépas trop longues. J'aime bien avoir une continuité dans les semaines avec des habitudes qu'on s'est créées la saison dernière et qui ont marché. »
Le manager ajoute : « J'ai hâte de reprendre lundi notre train-train habituel avec dix semaines d'affilée à peu près de la même façon. Au niveau du rugby, on est très rapidement rentré dans les détails. On n'a rien changé de spécial, on veut toujours constamment mettre la pression sur l'adversaire. »
Le message est bien passé
Concernant la conscience des joueurs de la nécessité d'être efficaces, Caudullo révèle : « Oui, on a fait une réunion le lundi après la finale en étant clairs avec les joueurs. Oui, il y avait de la frustration de perdre un match aussi important, et il fallait leur laisser cinq semaines de vacances après 36 matches joués dans la saison. Mais le message était de leur demander d'arriver prêts le 3 août. Le message est bien passé. »
Il met toutefois en garde contre une potentielle décompression après « une des plus belles saisons du club ». Pour l'éviter, il s'appuie sur l'exemple de Toulouse : « Quand on voit que Toulouse a gagné le Top 14 quatre fois d'affilée, je crois que le carburant, ils l'ont, quoi qu'il arrive. Il n'a pas eu besoin de perdre une finale pour avoir envie de la gagner l'année d'après. Bordeaux l'a fait avec la Champions Cup une deuxième fois. Quand tu gagnes, t'as toujours envie de revivre ce que t'as connu. On a l'avantage d'avoir des joueurs qui ont connu la victoire, comme Billy Vunipola ou ceux qui ont gagné en 2022. »
Objectif : des phases finales
Interrogé sur les objectifs de la saison, Caudullo élude la question du classement : « Moi, ce que j'aimerais, c'est qu'on continue à parler de nous comme une équipe qui est dure à jouer, pénible. Et je pense que si on atteint cet objectif-là, on fera des phases finales. Et c'est l'objectif du club d'arriver à enchaîner des saisons de bonne facture avec des phases finales, les partager avec notre public et avoir une bonne image. »
Il précise : « Avec notre saison dernière, on peut se permettre de la clamer haut et fort aujourd'hui même si ce sera dur avec zéro match facile. Déterminer une place au classement avec la densité de ce championnat, je trouve ça hyper difficile et irrespectueux des autres équipes de Top 14. Parce qu'aujourd'hui, à part Toulouse, savoir qui va finir 14e, 13e, ou dans les six premiers, je suis incapable de te le dire. »
La frustration de la finale est toujours présente : « Personnellement, oui. Quand tu fais le genre de match que tu fais, avec une domination sur l'occupation, sur la possession, et que tu ne maîtrises pas les derniers gestes… Quand tu démarres le rugby, le Graal, c'est le Brennus. Donc la frustration va avec. »
Champions Cup : un objectif de phases finales
Pour la Coupe des Champions, le MHR affrontera Northampton, Bath, les Bulls et Cardiff. Caudullo annonce : « On joue quatre grosses équipes et notre objectif est de faire des phases finales. On a créé un effectif pour et je ne pense pas que ce soit insurmontable. Il faut qu'on arrive à gagner au minimum deux matches pour y arriver. Northampton et les Bulls ont gagné à Pau l'an dernier, Bath est une des meilleures équipes d'Europe. On sait à quoi s'attendre et les joueurs ont envie de se confronter à ces mecs-là. »
Le club fête ses 40 ans et Caudullo enchaîne une troisième saison à la tête de l'équipe. Il se félicite de la stabilité : « Oui, et il faut remercier le président pour ce qu'il fait. Moi, quand il m'a demandé de reprendre le management de l'équipe première, je me suis dit que j'étais fou d'accepter étant donné mon absence d'expérience et celle de mon staff. Mais le choix a été concluant. Ça fait deux saisons qu'il y a de la continuité, qu'on fait évoluer les choses, qu'on cherche à les améliorer avec Mohed Altrad et Bernard Laporte. »
Sur la prolongation de son staff, il répond : « La continuité est essentielle dans notre projet. Dans l'effectif, d'abord, puisque l'important est de conserver nos joueurs et de cibler le recrutement, la preuve, on a fait venir que cinq joueurs. Puis dans le staff. On travaille depuis deux ans ensemble, on progresse. Pour cette troisième année, je ne veux pas qu'on s'endorme. Je veux qu'on continue à trouver des solutions ensemble, qu'on continue à mieux se connaître. Par exemple, avec Antoine Battut, on ne se connaissait pas et aujourd'hui on sait ce que chacun attend de l'autre. À Pau, ils démarrent leur sixième saison. Ugo Mola a été champion de France après sa quatrième année et il est considéré comme un des meilleurs managers de France, voire plus. »



