Diversité des élites : Fogiel dénonce une « planète des Blancs » au Medef
Fogiel dénonce le manque de diversité au Medef

Le journaliste Marc-Olivier Fogiel, invité mercredi 26 août au dîner de la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) organisée par le Medef à Roland-Garros, a dénoncé le manque criant de diversité parmi les dirigeants économiques présents. Dans une tribune publiée jeudi 27 août, il décrit une assemblée « presque entièrement blanche », contrastant avec la diversité de la société française de 2026.

Un constat sans appel à Roland-Garros

« Je regarde autour de moi. Encore. Et encore. Des centaines de dirigeants, d'entrepreneurs, de responsables », écrit Marc-Olivier Fogiel, ancien patron de BFMTV et actuel journaliste sur RTL. Il précise que la scène se déroulait dans le cadre magnifique de Roland-Garros, « fin août, Paris encore un peu assoupi, les courts silencieux ». Mais en franchissant les portes, il a découvert « une autre planète », « une planète presque entièrement blanche ».

Le journaliste souligne que sur cette « photographie de la France qui commande », il n'a vu « quasiment aucun Noir, aucun Arabe, aucun Asiatique, presque aucun visage qui raconte les origines multiples de la France de 2026 ». Les rares visages issus de la diversité croisés lors de la soirée étaient « essentiellement parmi les personnes qui nous accueillent, nous servent ou travaillent à Roland-Garros », c'est-à-dire le personnel, et non les décideurs.

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Une absence d'étonnement qui interroge

Face à ce constat, Marc-Olivier Fogiel a interrogé son entourage : « Ça ne vous frappe pas ? » La réponse l'a surpris : « Pas vraiment. Et c'est précisément cette absence d'étonnement qui m'étonne le plus. » Il établit un parallèle avec la situation des femmes il y a trente ou quarante ans, où une assemblée 100 % masculine ne choquait personne. Aujourd'hui, une telle absence de femmes « sauterait immédiatement aux yeux. À juste titre. Pourquoi une assemblée presque exclusivement blanche ne produit-elle pas le même effet ? »

Le journaliste prend soin de préciser que son propos « n'est pas un procès du Medef », mais un « révélateur particulièrement saisissant d'une réalité qui dépasse largement le monde patronal ». Il reconnaît que les entreprises de médias dans lesquelles il a travaillé présentent parfois le même constat. Il refuse également toute « profession de foi militante », rappelant qu'il est « un homme blanc de plus de 50 ans, né dans un quartier favorisé ».

Une question « mathématique » et politique

Pour Marc-Olivier Fogiel, la question dépasse la morale : « Il y a un moment où la question cesse d'être morale pour devenir simplement mathématique. La société française d'aujourd'hui est diverse. C'est un fait, pas une opinion. » Il en tire une conséquence directe : « Une société ne peut pas durablement présenter deux photographies aussi différentes d'elle-même : celle de sa population et celle de ceux qui la dirigent. »

Le journaliste évoque la « nouvelle France » chère à La France insoumise, reconnaissant que ce parti « a compris qu'une partie du pays voulait être vue, nommée, représentée », sans pour autant soutenir ses propositions. Il met en garde : « Lorsqu'un sujet réel n'est regardé que par une seule famille politique, on finit par lui abandonner à la fois le diagnostic, les mots et les réponses. »

Il conclut en appelant à regarder « la photo » prise mercredi soir à Roland-Garros, car « avant de chercher des solutions, encore faut-il accepter de voir le problème ». Selon lui, cette absence de représentation « fabrique inévitablement de la frustration, de la défiance et, tôt ou tard, du conflit ».

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