Mbappé, record et humilité : "Je pense au collectif"
Mbappé, record et humilité : "Je pense au collectif"

De notre envoyé spécial au Metlife Stadium de New York,

C'est un petit jeu auquel s'adonnent tous les journalistes présents en zone mixte après les matchs : quel joueur va bien pouvoir venir s'exprimer devant les médias ? Un nom est revenu, après la victoire de la France face au Sénégal, mardi à New York, celui de Kylian Mbappé. Un premier match de Coupe du monde où le capitaine des Bleus met un doublé et bat le record de buts établi par Olivier Giroud, c'était sûr que le Kyks allait venir s'exprimer devant les très nombreux micros.

Mais, non. William Saliba passe, suivi par Bradley Barcola et Adrien Rabiot, fin des opérations. Trois joueurs des Bleus devant les médias, c'est déjà Byzance et tout le monde était en train de plier bagage quand une officielle de la Fifa est arrivée et a sorti : « Attendez, un dernier joueur va venir. » MAIS QUI CA PEUT BIEN ÊTRE ? Casquette noire sur la tête, chaussettes hautes, TN au pied, l'Homme finit par arriver. C'est qu'on le connaît quand même bien notre Kyky national.

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Les records, Mbappé y pensera à la fin de sa carrière

Mais, alors qu'on s'attendait à le voir s'épancher sur son record (58 buts) - « et il n'a que 27 ans » a pointé Didier Deschamps - et ses deux buts, Kylian Mbappé n'a pas changé de ligne de conduite depuis ces dernières semaines : focus fait sur le collectif, l'équipe de France et l'objectif, pas clairement énoncé, de broder une troisième étoile sur le maillot bleu.

« Je suis très content de pouvoir rentrer un peu plus dans l'histoire de mon pays, c'est toujours quelque chose que j'ai voulu faire, a-t-il répondu en toute sobriété, sans même un petit sourire en coin. Maintenant, on sait pourquoi on est là. Je pense que j'aurai le temps de penser à ce genre de choses plus tard, quand j'arrêterai de jouer. » Et le plus tard possible, s'il te plaît Kylian, surtout quand il s'agit de porter ce maillot bleu.

Comme à chaque Coupe du monde, Mbappé est en mission pour la nation. Hors de question de voir le pays se ridiculiser comme l'Italie, il y va de son honneur. Et on aurait presque pu en douter vu sa première période contre les Lions de la Téranga, dans la droite lignée de ses dernières sorties avec les Bleus face à la Côte d'Ivoire et l'Irlande du Nord. Quarante-cinq minutes insipides, où il a tout raté.

Deux contrôles foirés alors qu'il se trouvait en bonne position (4e, 12e), une remise bazardée pour Théo Hernandez (31e) et surtout cette conduite de balle de poussin qui a failli déboucher sur une catastrophe et le but du Sénégal (26e). Mais, comme c'est Kylian et comme c'est la Coupe du monde, le ballon, qui a touché le poteau puis le pied de Mike Maignan avant de sortir du terrain, n'est pas rentré dans les buts.

« Sur une action, il peut faire gagner son équipe »

« Il a eu deux ou trois contrôles qu'il a mal amenés. Lui, ce n'est pas un problème psychologique mais le doute ne rentre pas dans son esprit, a expliqué le sélectionneur Didier Deschamps à la fin du match. S'il veut encore rater la première mi-temps et qu'il met deux buts en deuxième, ça m'ira. Sur l'ensemble du match, il peut marquer quatre ou cinq buts mais c'est très bien qu'il ait marqué ces deux-là. »

Le premier d'une frappe croisée à la suite d'une merveille de passe de Michael Olise dans le dos de la défense tricolore. Le second pour tuer tous les espoirs des Sénégalais qui venaient juste de revenir à un but, grâce à une frappe de 25 mètres surpuissante que n'a pu toucher Edouard Mendy. « Même s'il peut ne pas faire un grand match, sur une seule action, il a la capacité de faire gagner son équipe », a salué DD.

Et c'est bien là l'objectif. « Je sais pourquoi je suis là, je suis là pour aider l'équipe, pour continuer avec mes coéquipiers, a ajouté l'attaquant du Real Madrid, qui a refusé de répondre aux questions d'un journaliste espagnol qui essayait de l'arrêter sur le chemin du bus. On va continuer à essayer d'écrire la grande page de l'histoire de l'équipe de France. On sait que le chemin sera très long, mais comme j'ai dit, on est prêts. »

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« Il y en a encore pour le critiquer », déplore DD

Déterminé, le Kyks, l'est. Et il fallait voir comment il parlait du prochain affrontement contre l'Irak, lundi à Philadelphie, comme si c'était une finale de Ligue des champions entre le Real Madrid et le FC Barcelone pour comprendre que le kid de Bondy ne lâchera rien. Rien du tout. Et tant pis pour les autres nations. « Il y en a encore pour le critiquer, déplorait DD. Sur le terrain et en dehors en tant que capitaine, il fait beaucoup pour le groupe. »

Au point que Bradley Barcola, deuxième buteur de la soirée, en a fait un panégyrique en passant devant les médias. « C'est vraiment une fierté de l'avoir avec nous et je suis vraiment fier pour lui, a glissé le joueur du PSG. Je pense que tout le peuple français est content qu'il soit là avec nous aujourd'hui. C'est vraiment incroyable ce qu'il fait. Chaque entraînement, chaque match, il arrive toujours à nous étonner, c'est magnifique. »

Et il ne semble pas vraiment pas à s'arrêter. On irait même jusqu'à penser que ces deux buts face au Sénégal vont lui servir de déclic pour le reste de la compétition, avec un nouveau record à aller. Avec désormais 14 buts inscrits en Coupe du monde, Mbappé est devenu le meilleur buteur français, juste devant Just Fontaine (13 buts). Et il n'est plus qu'à deux réalisations du recordman Miroslav Klose. Autant dire que l'affaire est déjà dans le sac.