Maghnes Akliouche, 24 ans, dispute sa première Coupe du monde avec l'équipe de France. Le Monégasque, international A depuis fin 2025, a connu une progression plus lente que d'autres, mais son talent technique et sa discrétion ont fini par s'imposer.
Une ascension progressive
Lancé chez les pros en 2021, Akliouche compte désormais cinq saisons de haut niveau. Il a participé aux Jeux Olympiques avant de découvrir le Mondial. Son éducateur en U14-U15 à Torcy, Yann Lecoq, le décrit comme « quelqu’un qui ne fait pas de bruit, il est de nature discrète ». Il ajoute : « Il ne va pas polluer le vestiaire, Didier Deschamps aime les joueurs comme ça. Lui est là pour apprendre, pas pour revendiquer des choses. »
Un talent technique précoce mais un retard athlétique
Adolescent, Akliouche possédait déjà une technique au-dessus de la moyenne, mais un grand déficit athlétique. « Quand tu le voyais à 14-15 ans, il était très au-dessus de la moyenne techniquement, on décelait chez lui de vraies facultés dans son rapport avec le ballon. Mais c’était difficile de l’imaginer parmi les meilleurs joueurs de Ligue 1 et international français », explique Lecoq. Il a dû s'étoffer pour franchir les paliers, développant un sens aigu de la prise d'information et de l'évitement des duels.
Des débuts tardifs en Bleu
Akliouche a attendu ses 20 ans pour porter le maillot tricolore, en U20 sous les ordres de Bernard Diomède. Il compte aujourd'hui 39 capes dans les différentes catégories, des U20 à l'équipe A. Hugo Barbet, coéquipier lors du tournoi Maurice-Revello en 2022, témoigne : « Il sortait déjà du lot, il prenait le ballon et le jeu à son compte. Il n’a jamais vraiment eu la lumière sur lui étant jeune, pourtant je trouve qu’il la méritait. Mais au final, ce n’est pas plus mal qu’elle soit arrivée sur le tard. »
La patience récompensée
Le travail de fond et la patience ont payé. « Avec ce genre de joueurs, il faut être capable de prendre le temps, observe Lecoq. C’est tout à l’honneur de Monaco : aujourd’hui, c’est la meilleure valeur marchande. » Akliouche n'a pas oublié ses origines. Son ancien coach raconte : « J’étais en formation à Clairefontaine juste avant le départ des Bleus pour les États-Unis et on a pu aller voir un entraînement. Je l’ai revu, on a fait une photo, rigolé un peu et passé un bon moment. Le voir comme ça, juste avant le départ, c’était magnifique. »



