La seconde édition estivale de la Nuit du livre, organisée samedi soir sur l'esplanade du port des Salettes à Carqueiranne, a réuni 35 auteurs. Mais derrière cette vitrine littéraire, l'association Les Plumes d'Azur, qui organise l'événement avec le soutien de la Ville, exprime une inquiétude grandissante face à la multiplication des démarches administratives imposées aux écrivains amateurs.
Une charge disproportionnée pour des auteurs passionnés
L'association, présidée par Dominique Van Eecke et forte de 120 adhérents, dénonce une « complexité administrative croissante » qui pourrait décourager les auteurs. Beaucoup d'entre eux n'écrivent pas pour en vivre, mais pour transmettre des histoires, partager des connaissances ou accomplir un devoir de mémoire, souvent à perte. Les formalités liées à la facturation et à la gestion administrative sont perçues comme disproportionnées au regard de leur démarche bénévole.
Jacques Villeneuve, auteur d'un unique ouvrage intitulé Le Dernier des Fariniers, consacré à l'histoire de son grand-père meunier, partage ce sentiment : « À quoi bon gérer toute cette paperasse alors que notre seul objectif est de partager des histoires du passé, des connaissances, sans gagner un centime ? On va tuer la créativité, l'artisanat d'art, tout comme le progrès a tué le métier de meunier de mon grand-père ! »
Des rencontres essentielles pour la visibilité des ouvrages
Pour ces auteurs, les salons et séances de dédicaces constituent un moyen essentiel de faire connaître leurs livres. La Nuit du livre, qui se tient sous les pins parasols, permet au public de déambuler entre les tables, d'échanger avec les écrivains et de repartir avec des ouvrages dédicacés, qu'ils soient autoproduits ou publiés par des éditeurs locaux comme Les Presses du Midi.
L'association, créée il y a plus de vingt ans, organise chaque été des rencontres entre écrivains et lecteurs à Carqueiranne, mais aussi à Bormes-les-Mimosas, Solliès, La Crau et au Castellet. La question de l'évolution de ces manifestations et des contraintes administratives devrait être au cœur des discussions lors de l'assemblée générale des Plumes d'Azur, prévue début novembre.
« Le progrès a toujours du bon, certes, mais là, on touche à la créativité ! », poursuit Jacques Villeneuve, résumant le sentiment partagé par de nombreux auteurs présents. L'association craint que cette complexité ne fasse décroître le nombre d'écrivains amateurs, menaçant ainsi la richesse de la création littéraire locale.



