L'élimination de l'équipe de France, mardi en demi-finale du Mondial-2026, laisse un goût amer dans les bouches des observateurs et des supporters. Mais peut-on vraiment avoir des regrets, après la performance proposée par les hommes de Didier Deschamps contre l'Espagne ? La rédaction de Journal FR vous propose de voter dans notre question du jour.
Pour Léon Riva, c'est oui
Le cerveau humain est parfois ainsi fait. Dans une quête éperdue de bonheur, d'un autre shot de dopamine, il aime à se projeter dans des lieux pourtant encore impalpables. L'imagination devient alors une navette, filant à la vitesse de la lumière au cœur d'un immense réseau de neurones. De l'intérieur du cockpit, on se prend à voir défiler nos rêves, si proches que l'on croit presque pouvoir les toucher. Une personne que l'on aime en secret nous sourit l'espace d'un instant, ce projet d'une vie que l'on refoule au fond de vieux cartons s'anime soudainement sous nos yeux, cette coupe du monde qui nous a déjà tant fait vibrer descend de nouveau les Champs-Élysées, une nuit d'été dans un Paris en liesse. Et le réveil est brutal. Les plus terre à terre s'en sortent sans trop de séquelles, ils n'avaient pas pris le temps de rêver. Mais nous, pauvres idéalistes, chauvin des grands soirs et autres footix romantiques, nous souffrons d'avoir vaincu avant d'avoir vu, d'avoir célébré un titre qui n'existait pas encore. Car, pour revenir à la science, quand la réalité ignore les espoirs de grandeur un phénomène chimique se crée dans nos cortex et se résume simplement : on a des regrets.
Pour Pierre Mickaël Ayi, c'est non
Bien sûr qu'on est déçus. Une demi-finale de Coupe du monde ne repasse pas tous les mardis. Pendant quelques semaines, on s'est remis à faire des plans sur la comète, à vérifier les horaires des prochains matches avant même le coup de sifflet final. C'est justement parce que cette équipe nous a embarqués que la chute fait mal. Mais il y a une différence entre être déçu et avoir des regrets. Et, sur cette demi-finale, difficile de crier au hold-up. L'Espagne a simplement rappelé pourquoi elle est aujourd'hui la référence mondiale : plus juste techniquement, plus sereine, plus tranchante quand le match bascule. Là où la France cherchait encore la bonne idée, l'Espagne avait déjà trouvé la solution. Cette défaite ressemble moins à un rendez-vous manqué qu'à un plafond de verre. Les Bleus ont atteint leur limite du moment. Ce n'est pas une honte, c'est même plutôt rassurant. Car atteindre le dernier carré d'une Coupe du monde sans être encore la meilleure version de soi-même, c'est déjà raconter une belle histoire. Au fond, ce Mondial restera une réussite. Oui, la déception est immense. Les regrets, eux, sont limités. Parce qu'avant de nous laisser sur notre faim, ces Bleus nous avaient déjà régalés.



