Publicité Complexe des « grands matchs », fin d’une génération, Sexton non remplacé... Pourquoi le Leinster est loin d’être imbattable pour le RCT
Cela fait huit ans que le Leinster court derrière un cinquième sacre en Champions Cup. Les revers à répétition de l’ogre irlandais dans le dernier carré ont laissé des cicatrices que le RCT devra rouvrir ce samedi 2 mai 2026, en demi-finale.
La pression monte à Dublin
À Dublin, la retraite de Johnny Sexton peine à être digérée. Face au RCT, l’ouvreur Harry Byrne aura « beaucoup de pression ». Après un important contingent de Springboks en 8e, puis les deux tiers de l’équipe d’Écosse en quart, le RCT poursuit sa virée internationale en défiant une majeure partie du XV du Trèfle en demie. Le Leinster, monstre sacré aux quatre titres européens, se dresse telle une montagne sur la route vers la finale. Un chemin que la province irlandaise connaît bien, après l’avoir emprunté à trois reprises sur les quatre dernières éditions… avec autant de désillusions.
Des losers magnifiques ?
Pour les actuels quatrièmes d’URC (United Rugby Championship), compétition dans laquelle ils ont triomphé l’an passé, le constat est amer en Champions Cup. « Depuis son dernier titre en 2018, cette génération a accumulé beaucoup de frustration, analyse Bernard Jackman, ancien talonneur du Leinster et de l’équipe nationale (9 sélections), champion d’Europe en 2009 et aujourd’hui consultant pour divers médias irlandais. Chaque année (à l’exception de 2020), les gars filent jusque dans le dernier carré, avec toujours le potentiel pour gagner. La Rochelle, Toulouse, Northampton… Ils jouent souvent un grand match, spectaculaire, serré mais, à la fin, ce sont eux qui perdent. »
Une anomalie pour une génération dorée
Surpris l’an passé, ce groupe aurait dû avoir deux ou trois trophées de plus sur les sept dernières années. Dans la tête de certains joueurs, c’est maintenant ou jamais. On pense notamment à Furlong, van der Flier, Gibson-Park, Lowe ou Henshaw, qui ont sans doute entamé l’un des ultimes chapitres de leur brillante carrière. Mais, sur le pré de l’Aviva Stadium, où près de 35 000 supporters sont espérés, les hommes de Leo Cullen devront cette fois éviter de trembler. Pas comme l’an dernier, lorsque Northampton était venu créer la sensation au même stade de la compétition (34-37). Une cicatrice de plus pour l’ancien roi d’Europe écorché. « Ils ont souvent perdu les matchs importants dans les moments clés, reprend Jackman. Tant qu’ils ne les gagneront pas, ils auront toujours cette peur. »
Pression énorme sur les épaules irlandaises
Comprenez que, ce samedi, la pression sera davantage sur les Irlandais : « Si le Leinster perd, le projet va énormément changer. Je crois que Leo Cullen va partir et que le club va commencer un nouveau cycle. La pression est énorme. » Charge donc aux outsiders varois de les faire douter, afin de les amener dans ces fameuses fins de match serrées. Pour l’ex-entraîneur de Grenoble, ils en ont les atouts : « Les Leinstermen ont souvent joué contre des équipes moyennes en URC et en Champions Cup, où ils ont eu la chance tomber sur Édimbourg et Sale aux tours précédents. Or, Toulon est une équipe pleine de puissance devant, ce qui peut leur poser de vrais problèmes. »
Les faiblesses à exploiter
Selon lui, la mêlée (où le Leinster déplore plusieurs blessés : Jack Boyle, Paddy McCarthy, Alex Usanov et surtout Tadhg Furlong chez les piliers ; RG Snyman et Ryan Baird en deuxième et troisième ligne ; les ailiers James Lowe et Jordan Larmour sont des absents notables), la défense des ballons portés (en difficulté lors de la défaite à Trévise, samedi dernier) et l’absence d’un ouvreur « de très, très haut niveau » sont autant de points que les Toulonnais peuvent exploiter. À condition, bien sûr, de ne pas trop subir les collisions, la bataille des rucks et les duels aériens, qui font encore la force de ce bastion. Toujours intimidant, mais peut-être moins terrifiant.



