Helder Esteves, le nouvel entraîneur portugais de Nîmes Olympique (National 1), a une approche intellectuelle et collective du football. Il arrive avec des idées bien arrêtées et une méthode pour réussir, forgée par son parcours de joueur.
Un parcours de joueur qui a façonné l'entraîneur
Esteves, ancien attaquant, a connu un parcours "pas linéaire", raconte-t-il. "À 17 ans, on ne m’a pas proposé un contrat pro. J’ai dû me battre au niveau amateur, marquer beaucoup de buts, passer par des petites portes. J’étais un besogneux, je n’allais pas spécialement vite, je n’étais pas puissant, il a fallu que je me casse la tête pour savoir comment progresser, que je travaille plus que les autres."
Il s’est ainsi "fabriqué un cheminement pour y arriver", affichant en fin de carrière une centaine de matches en L2 (Dijon, Troyes, Créteil), une soixantaine en National (Créteil) et deux apparitions en L1 (Auxerre). Ce cheminement a été "hyper instructif quand on veut devenir éducateur", ce qui était une évidence pour lui.
Une philosophie centrée sur la régularité et le collectif
Âgé de 49 ans, Esteves se dit "cartésien" et se définit comme un "idéaliste pragmatique". Il clame : "J’ai de la personnalité. Je sais ce que je veux et où je veux aller, j’ai confiance en mes process." Il a établi une "démarche" pour avancer vers l’objectif en se fixant des étapes, et tracé un "chemin" que ses joueurs doivent suivre sans s’en écarter. "Fédérer autour d’un projet commun, c’est très important", insiste-t-il, prévenant que le résultat, quel qu’il soit, ne devra pas faire dévier de la direction prise.
Son credo est "la régularité dans la performance". Il l’a expliqué dès le premier jour à son groupe : "Il nous a dit qu’un bon joueur, ce n’était pas un joueur capable d’être bon sur un match mais capable de l’être à chaque match, capable de répéter les saisons à haut niveau", a rapporté Clément Depres.
Un cadre collectif strict mais créatif
Avec Esteves, tout est carré. Il assure "laisser beaucoup de créativité mais dans un cadre collectif bien précis", résumé par une formule : "Être imprévisible pour l’adversaire mais compris de ses partenaires." Dans ce cadre, le joueur, en fonction de la zone où il se situe, sait comment le mouvement va s’effectuer, comment ses partenaires vont répondre et comment l’ensemble s’équilibre. "Si le mouvement ne réussit pas, on sait potentiellement où il peut être mis en échec, l’idée étant de réagir très vite et de pouvoir s’adapter."
Sa mission est d’"initier de façon cognitive un joueur à un langage universel grâce à des starters communs". Il préfère "s’appuyer sur des valeurs collectives plus que sur des différences individuelles même si elles sont importantes aussi", et insiste sur la "complémentarité et des connexions entre les joueurs avec des logiques sur les aspects défensifs, sur de la structure ou de la pression, et offensifs, sur des attaques placées ou rapides".
Savoir s’imposer et s’opposer
Le mot "connexion" revient souvent dans la bouche d’Esteves, dont les équipes sont "en général impactantes dans la production d’un match". Il peut sans hésitation faire des changements "à la 30e minute ou dès la mi-temps" si nécessaire. C’était l’une des forces de Saint-Maur, où il officiait l’an passé, une équipe hybride capable de répondre à plusieurs problématiques et de garder de l’intensité de bout en bout.
Esteves va s’attacher à reproduire cela à Nîmes, en y intégrant les spécificités locales. Sa volonté est d’avoir une formation "capable de s’imposer et de s’opposer", capable d’associer "un football qui a de la tenue et qui peut être classe à de la combativité, de l’agressivité et de la générosité".
Match de préparation contre Rodez
Nîmes Olympique affronte Rodez (Ligue 2) ce mercredi 22 juillet à 18 heures à Millau (Aveyron), au Parc des Sports Gabriel-Monteillet. Ce sera le deuxième match de préparation des Crocos. Rodez a repris l’entraînement le 22 juin et a gagné ses deux premières confrontations amicales face à Bastia (5-3) et Cannes (4-1).
Touché à la cheville gauche le jour de la reprise et absent samedi à Nice (défaite 4-0), Bennour, qui a repris l’entraînement, sera de la partie. Orinel et Caoki ne sont toujours pas disponibles. Depres et Corain, qui n’ont pas participé à la séance mardi, seront ménagés et ne feront pas le déplacement. Dias sera également ménagé pour permettre à Kedvesi de s’exprimer dans les cages.
Deux joueurs à l’essai
Ce match permettra à Nîmes de tester deux nouveaux joueurs. L’attaquant Roméo Faget-Antonetti (20 ans, FC Séville équipe C) est à l’essai depuis la reprise. Il a été rejoint par Kémil Abdallah, un latéral gauche de 24 ans formé à Nice, qui évoluait à Grasse (N1) ces trois dernières saisons avec une cinquantaine de matches. Le second est Joris Silvente, 19 ans, milieu défensif passé par Monaco (U17 et U19) et arrivant de Marseille (U19), où il a fait quatre apparitions en équipe réserve la saison passée dont deux comme titulaire. Silvente est international français U16 (4 sélections).



