Publicité Ferté prometteur, Mercer à retardement, Le Bail en difficulté : les tops et les flops du recrutement de Toulon. Si de nombreux facteurs ont été mis en avant pour justifier la saison 2025-2026 manquée du RCT, demi-finaliste en Champions Cup mais 9e en Top 14, les recrues de l’an dernier n’ont pas non plus apporté entière satisfaction sur la rade. La perte de plusieurs joueurs importants a forcément pesé.
Il y a des départs qui font mal au cœur à leur simple évocation. À Toulon, Facundo Isa, Leicester Fainga’anuku et Jiuta Wainiqolo sont de ceux-là. L’été dernier, le RCT avait – entre autres – dit au revoir à ces trois titulaires de la fin de saison, respectivement partis à Pau, aux Crusaders et à Lyon. Un déchirement, tant le trio occupait une place importante au sein de l’effectif, que ce soit par sa personnalité ou son apport sur le pré. Évidemment, la direction sportive avait fait en sorte de le remplacer dans le sens des arrivées. Mais combler numériquement ne veut pas dire compenser. Et la nuance a ici de l’importance. Car un an plus tard, le constat est presque sans appel : si l’on excepte l’ébouriffant ouvreur argentin Tomás Albornoz et peut-être le géant anglais Junior Kpoku, venus renforcer l’effectif dès l’hiver, aucune recrue n’a eu plus d’impact que son prédécesseur sur le court terme. Ainsi, au-delà des raisons récemment invoquées par Pierre Mignoni pour justifier la saison ratée de son équipe, triste neuvième du Top 14, difficile d’éluder le bilan du recrutement réalisé en 2025 à l’heure de faire les comptes.
Narmania, Javakhia et Le Bail pas au niveau
D’abord, il y a ces échecs qui ne souffrent presque d’aucune contestation. « Pari » de l’été dernier à la suite du départ inattendu d’Emerick Setiano pour Bayonne, Nikoloz Narmania n’a pas passé le cap du très haut niveau. Trois petits matchs (pour 92 minutes de jeu au total) avant de retourner à Carcassonne : le pilier géorgien ne restera hélas pas dans les mémoires, à l’image de son compatriote de la deuxième ligne Giorgi Javakhia, qui va retrouver la Pro D2 avec Soyaux-Angoulême. Le manque d’assurance de « Naro » derrière Beka Gigashvili et Kyle Sinckler à droite de la mêlée a même conduit Dany Priso Mouangué à changer régulièrement de côté. Point positif néanmoins : le jeune Owen Sorhaindo a pu signer des premières entrées intéressantes. Ce qui ne fut pas tellement le cas de Clovis Le Bail au poste de numéro 9. S’il a été dérangé par quelques pépins durant cette première année, l’ancien Racingman est régulièrement apparu emprunté. Il n’a, au final, été que très peu utilisé (sept matchs). Le partant Jules Danglot, pour sa part, s’est régalé avec Colomiers, demi-finaliste de Pro D2.
La satisfaction Ferté, l’espoir demeure pour Garcia et Tuifua
Toujours au niveau de la charnière, l’ouvreur Mateo Garcia n’a clairement pas assez joué pour que le public puisse trancher définitivement. Auteur de quelques prestations pleines de promesses, comme contre Bath, l’ex-Bordelais a passé la deuxième partie d’exercice en tribunes. À revoir. Un peu comme Patrick Tuifua. Grand espoir du rugby français, le troisième ligne néo-calédonien est arrivé sur la rade « mal soigné » et diminué. Opéré d’un genou, il espère faire l’étalage de sa puissance la saison prochaine, après un premier départ manqué. En revanche, lui n’a pas raté son arrivée : à seulement 22 ans, l’arrière polyvalent Mathis Ferté a été le joueur le plus utilisé de la saison du RCT, avec 2 011 minutes disputées pour dix essais marqués. Très prometteur. Pour autant, les observateurs les plus tatillons diront (à raison) que, dans l’immédiat, Jiuta Wainiqolo a tout de même réalisé une meilleure saison en éclaboussant le championnat de son talent. « On aurait pu avoir Mathis et Jiuta, oui, mais dans les faits, on ne peut pas », regrettait Mignoni le mercredi 10 juin 2026.
Isa et Fainga’anuku ont manqué
Dans la même idée, on n’aurait pas dit non à une association Leicester Fainga’anuku - Juan Ignacio Brex. Le premier a dû quitter le Var pour tenter de retrouver les All Blacks en vue de la Coupe du monde. Évoluant aujourd’hui à un niveau stratosphérique, sa puissance a laissé un vide dans la ligne arrière. Contraint en termes d’options de recrutement, le staff avait opté pour un autre profil en la personne de « Nacho ». Au global, l’international italien a plutôt donné satisfaction, mais n’a pas fait oublier le buffle néo-zélandais. Enfin, Zach Mercer avait la lourde tâche de remplacer « Facu », auteur d’une bonne saison dans le Béarn. Mais après une année quasi blanche à Gloucester, l’Anglais a mis du temps à retrouver son meilleur niveau, dans un tout autre registre que le Puma. Sa fin d’exercice réussie à titre personnel reste toutefois porteuse d’espoirs. Rien n’est jamais gravé dans le marbre.



