Chez les Florio, c’est une belle histoire de transmission familiale, celle d’une passion folle pour le ballon rond, qui s’écrit au fil des générations. Ainsi, Vincent, 65 ans, et sa fille Louna, 19 ans, préparent avec enthousiasme leur voyage, dans quelques jours, pour les États-Unis, « pour assister à trois matchs de l’équipe de France à la Coupe du monde : le dernier de la phase de poule, contre la Norvège et, si tout se passe bien, le 16e puis le 8e de finale », explique Louna. « Si tout se passe bien » signifie « si les Bleus finissent bien premiers de leur poule. S’ils sont deuxièmes, il faudra que l’on prévoit un périple supplémentaire vers Dallas, et cela représenterait un surcoût auquel nous aurions du mal à faire face… Mais ils seront premiers ! »
Un voyage minutieusement préparé
Les trois matchs réservés, si la bande à Deschamps assure comme prévu, auront lieu « dans un périmètre assez restreint », à New York, Boston et Philadelphie. « C’est une aventure footballistique exceptionnelle et ce sera aussi une belle occasion de découvrir ce pays en famille », se réjouit Louna. Chrystel, la mère de famille est aussi du voyage, « mais elle n’est pas fan de football, elle fera du shopping pendant que nous assisterons aux matchs », s’amusent le père et la fille.
Les préparatifs sont pleinement lancés « depuis le mois de septembre 2025 ». Et il a fallu user de toutes les astuces possibles pour que le périple ne soit pas trop ruineux. « Nous avons longtemps habité dans les Alpes-Maritimes, et Clément d’Antibes est un bon ami, nous sommes membres de son association. C’est grâce à cela que nous avons obtenu les places, à 60 euros l’une, ce qui reste raisonnable ». Pour tout le reste - transports, logement…- il a fallu faire attention à tout. Et les pièges sont nombreux. « Certains tarifs s’envolent. Par exemple, un ticket de bus qui valait 7,50 dollars dépasse les 80 dollars pendant la compétition ! Donc nous avons choisi de louer une voiture ».
Un père et sa fille unis par le ballon rond
Née quelques semaines après le coup de boule de Zinedine Zidane, Louna n’a pas connu la génération 1998. « J’ai pu assister à des matchs de l’Euro 2016, en France, mais ce sera ma première Coupe du monde au stade », se réjouit-elle. Pour Vincent, ce voyage familial vers une Coupe du monde ne sera pas une première. « Ce sera ma deuxième fois. En 1982, mon père et moi étions partis ensemble en Espagne. Nous y avons vu les trois premiers matchs, contre l’Angleterre, le Koweit et la Tchécoslovaquie, avant l’épopée jusqu’en demi-finale face à l’Allemagne ».
Aucun amateur de football n’a pu oublier le scénario de ce match, entré dans la légende, les deux buts d’avance en prolongation, la sortie de Schumacher sur Battiston, le sort cruel à l’issue de la toute première séance de tirs au but de l’histoire de la Coupe du monde… C’est aussi un souvenir familial à part : « Cela a été mes seules et uniques vacances avec mon père. C’était une autre époque, cela ne se faisait pas beaucoup… » confie-t-il, ému.
L’histoire se répète donc, même si père et fille rêvent d’une autre issue pour les Bleus de 2026 que ceux de 1982. « Michel Platini nous ferait du bien en numéro 10, mais on est armés pour remporter la troisième étoile ! »
Une passion qui se vit au quotidien
Supporters de l’équipe de France, père et fille portent aussi une affection particulière pour l’OM, le Sporting Toulon et le FC Martigues. « Et ce n’est pas facile tous les jours », s’amusent-ils. Vincent a joué « dès l’enfance, dans le club de ma commune natale, Martigues, dont j’ai toujours été un fervent supporter, même si la période est douloureuse » (au terme de la saison 2024-2025, où le club évoluait en Ligue 2, le FC Martigues a été lourdement rétrogradé et évolue aujourd’hui en D3, l’équivalent de la 9e division). Et le sexagénaire n’a toujours pas rangé les crampons : « Je joue encore aujourd’hui, pour le plaisir, à Sanary ».
Louna joue aussi à l’occasion « pour le plaisir, avec ses amis, avec mon père… » Elle baigne surtout résolument dans le ballon rond, jusque dans ses choix de carrière. « Je suis étudiante en école de journalisme à Nice, en option sport, et j’aimerais me spécialiser pour suivre l’actualité du foot. Pour la télé, la radio, la presse écrite, je ne sais pas encore ». En attendant, elle s’est déjà fait remarquer en décrochant « la bourse de l’OGC Nice pour l’année 2024-2025. Cela a été une expérience passionnante, j’ai pu découvrir les coulisses d’un grand club, pendant un an ».
Mais le club le plus cher à son coeur reste « l’Olympique de Marseille. Nous nous rendons régulièrement au Vélodrome avec mon père, on y a même été abonnés plusieurs années, avant que je parte faire mes études à Nice. » Les Varois ont également une affection particulière pour le Sporting club de Toulon. « Je suis trop jeune pour les avoir connus dans l’élite, mais ce serait beau qu’ils y remontent », note Louna. « Le club actuellement semble bien se structurer, on va croire en des lendemains heureux » espère, optimiste, Vincent Florio, qui d’ailleurs officie bénévolement pour « la rascasse », « en lien avec les partenaires du club ».



