Publicité « On peut les battre ! » : Célia Caroff, talonneuse du Rugby Club Toulon Provence Méditerranée, annonce la couleur avant d’affronter le Stade bordelais à Mayol. Arrivée de Rennes cette saison, la Bretonne s’est taillé une place, à coups d’épaule et de sourires, dans l’effectif du RCTPM. Elle est titulaire cet après-midi contre Bordeaux (15 h).
Solaire dans la vie de tous les jours, Célia Caroff se transforme sur un terrain. Il y a 7 jours (le dimanche 31 mai), soit 168 heures avant la rencontre qui oppose le RCTPM au Stade bordelais ce dimanche au stade Mayol (15 h), s’est écrite une drôle d’histoire. C’est la 74e minute de jeu au stade Thery de Villeneuve-d’Ascq, le public semble prêt à exploser et à fêter la victoire de son équipe, synonyme de maintien en première division. Les « putains de Nana » du Stade villeneuvois, toutes de bleu vêtues, ont pris les commandes du match quelques instants plus tôt, d’un essai rageur d’Anais Denet, transformé par l’impitoyable Shanon Izar (19-17). À 15 contre 14, le RCTPM peut tout perdre dans le Nord.
Sous le maillot toulonnais, une ex-Rennaise en remplace alors une autre. « À ce moment-là, j’étais folle de rage, se rappelle Célia Caroff, la Bretonne qui rentre. Elles m’ont fait descendre l’année dernière avec Rennes, c’était hors de question qu’elles me refassent le coup avec Toulon ! »
« J’avais juste envie de tout casser »
Encore animée par ce grand moment de sport, la talonneuse du RCTPM revit la scène sous nos yeux : « Je remplace Mélanie (Blanchard, la Bretonne qui sort) sur une touche et, juste après, on a une mêlée à jouer. J’avais juste envie de tout casser. » Et, grosso modo, six minutes durant, c’est ce qu’elle va s’appliquer à faire. 360 secondes environ à plonger, l’épaule en avant, dans une ligne de défense villeneuvoise opaque et chevelue. Un tambourinage finalement récompensé, puisque acculées dans leurs camps, les locales se mettent à la faute. Solène Dubus se charge de la pénalité et tout le monde côté varois souffle un grand coup, alors que le ballon file entre les perches (19-20, 79e).
Célia Caroff est peut-être ailleurs, dans un état second, mais le fait est qu’elle ne fait pas les bons calculs : « Dans ma tête, on perdait encore le match ! »
Un soleil, été comme hiver
Devant au score, d’un tout petit point, les Toulonnaises reçoivent un dernier renvoi, Célia Caroff cale sa nuque dans une dernière mêlée et deux-trois « boules » d’avants plus tard, Sofia Stefan tape en touche pour délivrer tout un groupe, après 10 mois de survie en Élite 1. Et c’est bien là que l’absurde se joue : « Je commence à pleurer, je me dis que c’est pas possible et, là, Océane (Buisson) vient me voir et me demande : « Pourquoi tu pleures ? » Je lui réponds que c’est parce qu’on a perdu et, là, elle explose de rire et m’apprend qu’on a gagné », se marre Célia Caroff, une bonne humeur contagieuse accrochée dans le sourire et le maintien dans les mains.
Née dans le lointain Finistère, formée au rugby à Plabenec (Bretagne) après « quelques années de judo » puis de ses 14 à ses 18 ans au pôle espoir de Rennes, la polyvalente 3e ligne-talonneuse a posé ses valises dans le Var en août 2025. « J’ai mon copain qui joue au RCT et j’avais été prise dans une école d’infirmière à Toulon, explique-t-elle. Ça s’est fait un peu à la dernière minute mais je suis trop contente d’être ici ! »
« En réserve ou en Élite, je me donne à fond »
Alignée avec « la B » pendant la première moitié du championnat, elle performe et se retrouve propulsée en équipe première à partir du mois de janvier : « Il y a eu quelques blessures au talon, alors j’ai pu être remplaçante. Mais que ce soit avec la réserve ou l’Élite, c’est la même chose pour moi ! Tant que je joue un match de rugby, je le fais à fond ! » Et avec la blessure de Mélanie Blanchard, habituelle titulaire au poste, Célia Caroff portera même le n° 2, cet après-midi face à Bordeaux.
« C’est une grosse équipe mais on peut la battre, harangue la jeune femme de tout juste 20 ans. On a un groupe de dingue, il reste un match, il faut qu’on défonce tout ! » Car il faut vous dire, Monsieur, que, chez cette dame-là, on ne compte pas, non, on ne compte pas, « on kiffe » !



