Arrivé l'été dernier en provenance du Benetton Trévise, l'international italien Juan Ignacio Brex (34 ans, 52 sélections) s'est imposé comme le titulaire au centre du terrain à Toulon. Déçu par les résultats sportifs du club varois, l'Argentin de naissance a néanmoins été marqué par sa découverte du Top 14.
Un rêve devenu réalité, mais des résultats mitigés
Alors que son Toulon n'a plus rien à jouer en cette fin d'exercice, celui qui était l'une des principales recrues de la dernière intersaison est revenu sur son intégration et ses premiers moments marquants sous les couleurs rouge et noir. « C'était un rêve pour moi de rejoindre Toulon, et c'est donc un rêve que je vis aujourd'hui. Évidemment, je suis moins content de nos résultats. Nous avons réalisé de belles performances en Champions Cup, mais ça n'a pas été le cas en Top 14. C'est la vérité. Nous pouvons et devons être meilleurs », confie-t-il.
Une campagne européenne mémorable
La campagne européenne a-t-elle été l'un des moments les plus forts de sa carrière en club ? « Oui, probablement. Je n'avais jamais atteint ce niveau de la compétition. J'avais seulement remporté la Rainbow Cup et fait deux demi-finales de Challenge Cup avec le Benetton Trévise. L'une d'elles était contre Toulon, d'ailleurs », répond-il en souriant.
Les difficultés du Top 14
Comment explique-t-il cette saison très décevante ? « Ce n'est pas facile à expliquer. Tout le monde m'avait dit que le Top 14 était un championnat spécial. Que les équipes, ici, avaient des hauts et des bas lors de chaque saison. Nous avions bien commencé. On a même été deuxièmes (mi-novembre). Aujourd'hui, on est neuvièmes… Nous aurions dû être plus consistants sur beaucoup de choses, et notamment sur notre jeu. »
Interrogé sur les différences de style de jeu, Brex explique : « C'est très différent. En URC, les équipes sont plus pragmatiques. En Top 14, je trouve qu'elles jouent plus au rugby et cherchent davantage les espaces. Pour autant, c'est aussi extrêmement physique. De mon côté, je dois encore progresser dans ma compréhension du rugby français. Je suis ici depuis peu. Mais je pense être sur le bon chemin. »
Un leader naturel dans le vestiaire
Déjà capitaine en sélection italienne, Brex prend-il une autre dimension dans le vestiaire du RCT ? « Je dirais que je reste dans mon rôle. Si je dois amener mon expérience sur n'importe quel point, pas de problème. Mais je ne parle que si j'en ai besoin. Ça reste très naturel, car je sais qu'il y a d'autres leaders de jeu et de vestiaire comme Serin, Ribbans, Sinzelle ou Ollivon. »
L'apprentissage du français
Brex a rapidement progressé en français : « J'ai commencé à étudier la langue quatre mois avant d'arriver. Après, j'avais des leçons au club et à la maison. Et j'ai gardé ça aujourd'hui encore. Je considère que c'est un détail vraiment important si l'on veut bien s'intégrer. »
Une saison record sur le plan physique
Avec 1 467 minutes (1 547 depuis), cette saison en club est déjà la plus longue de sa carrière. Comment se sent-il physiquement ? « J'ai beaucoup matché, oui, mais c'est pour ça que je suis là. Si vous m'aviez dit que j'avais disputé 800 minutes, j'aurais été un peu triste (rires). Au final, ça va, je me sens bien. Aussi parce que le staff m'a géré en me laissant des périodes pour me reposer. Je savais que cette saison en Top 14 allait être plus longue que les précédentes. On m'avait prévenu. J'avais eu le temps de bien me préparer mentalement. »
Une efficacité offensive inédite
Brex n'avait jamais autant marqué (quatre essais) sur un exercice en club. « J'avais une moyenne d'un essai tous les dix matchs depuis le début de ma carrière. Là, j'en ai quatre en dix-neuf matchs. Pour un autre trois-quarts, ce ne serait pas beaucoup, mais pour moi, c'est énorme (rires) ! Ça change ! »
L'exploit à Glasgow
Parmi ces essais, celui inscrit à Glasgow restera dans les mémoires. « C'est un souvenir incroyable. Quand j'ai reçu la balle, j'ai vu l'opportunité. Après, avec ma fameuse pointe de vitesse, bien sûr, j'y suis arrivé ! (rires) Je n'avais jamais marqué un essai de 60 mètres. C'était drôle, mais c'était surtout très important pour l'équipe, puisque ça nous qualifie en demi-finale européenne. C'était l'un des meilleurs moments de la saison. »
Une concurrence renforcée la saison prochaine
Le club va prochainement accueillir des recrues de poids à son poste avec Huw Jones et probablement Gaël Fickou. Comment voit-il cette nouvelle concurrence ? « Vous voulez toujours jouer avec les meilleurs, donc c'est très bien. Ce sont d'excellents joueurs, très expérimentés. Je vais me battre pour continuer à matcher, que ce soit avec eux ou les autres, car on sera beaucoup de centres. Ça va nous permettre de continuer à grandir en tant qu'équipe. »
Le duel face à Tommaso Menoncello
La saison prochaine, il se retrouvera aussi face à son petit frère de cœur et binôme de sélection, Tommaso Menoncello, pour la première fois. « Je plaisante souvent avec lui en disant qu'on va se battre sur le terrain (rires). Tomi a fait son choix. Il est heureux d'y aller (à Toulouse) et je suis heureux pour lui. Maintenant, bien sûr, j'attends ce moment. On verra si on peut jouer l'un contre l'autre… Ce serait sympa. »



