Les États-Unis entament leur Coupe du monde face au Paraguay, la nuit prochaine à Los Angeles (4h). En empilant les buts, l'attaquant de l'AS Monaco Folarin Balogun pourrait devenir un héros national.
Un joueur clé en devenir
Au moment de s'installer confortablement dans notre siège, pop-corn à la main, Christian Pulisic est le super-héros du film. Le milieu offensif du Milan AC porte le brassard et c'est lui qui tient le surnom qui claque : Captain America. Il n'est pas du tout certain qu'il le restera au bout du scénario et de cette Coupe du monde, le 19 juillet. Outre-Atlantique, le visage du soccer pourrait prendre d'autres traits, ceux du New Yorkais Folarin Balogun.
À 24 ans, le buteur de l'AS Monaco vient de signer la deuxième saison la plus prolifique de sa carrière (19 buts toutes compétitions confondues). Sur le Rocher, avec Lamine Camara et Maghnes Akliouche, au sein d'une équipe qui n'a terminé que 7e de Ligue 1, il a été le rayon de soleil.
Une opportunité qui peut changer une vie
Malgré la déception collective, l'attaquant a fait le plein de confiance et aborde sa première Coupe du monde gonflé à bloc. « C'est une immense opportunité. J'ai hâte de représenter l'Amérique et de rendre fier mon pays », disait-il fin mai en conférence de presse à La Turbie.
L'ASM envisage de le transférer cet été, à deux ans de la fin de son contrat, et en cas d'épopée au long cours il sera certainement l'objet d'une vente juteuse. « Si vous marquez beaucoup de buts en Coupe du monde, cela peut changer votre vie et le cours de votre carrière. Ça donne envie », salive « Balo ».
Dans l'ère moderne, son pays n'a jamais forcé le verrou du dernier carré. En 2002, il avait buté en quarts sur l'Allemagne (1-0). Sa seule demie date de 1930 et de la première édition, quand le format était bien différent de l'actuel.
Une grande responsabilité
Au numéro 20 des Stars and Stripes d'embarquer des millions d'Américains derrière lui. Pour l'heure, l'engouement tarde. « Je vais essayer d'être un joueur clé, de reproduire mes performances en club sur la scène internationale », affirme l'avant-centre. « Je suis très enthousiaste parce que c'est une formidable occasion de montrer mon talent. J'espère voir le pays soutenir le football et tout le monde s'impliquer. J'aimerais que nos supporters soient comme les fans européens. »
S'il a préféré rester « dans son rôle de footballeur », esquivant une question sur la politique du président Donald Trump, il espère apporter « de la joie aux gens ». Le stress et les attentes, le Monégasque se pense en mesure de les dribbler. « Je ne m'inquiète pas. Quand vous avez travaillé dur au cours d'une saison avec votre club, il n'y a rien à craindre quand une telle opportunité (le Mondial) se présente. Une grande pression s'accompagne d'une grande responsabilité. »
Contentieux avec le Paraguay
Pour lancer le bal, les États-Unis ont rendez-vous avec le Paraguay au SoFI Stadium de Los Angeles. Des Guaranis qu'ils ont défiés en amical en novembre. La rencontre avait été tendue, Balogun s'en souvient, lui qui avait offert la victoire à l'Oncle Sam ce soir-là (2-1), avec le 8e des 9 buts qu'il a inscrits en 27 sélections.
« C'est une équipe très agressive », décrit le dragster du Rocher. « Il y avait eu une grosse bagarre (initiée par Alex Freeman et Gustavo Gomez) et le coach (Mauricio Pochettino) était tombé au sol. J'espère que l'arbitrage sera meilleur en Coupe du monde pour que ce ne soit pas aussi chaotique. »
Sur la ligne de départ, les Bleus sont grandissimes favoris pour lui, mais l'attaquant est prêt à faire mentir les bookmakers. « Une Coupe du monde ne se résume pas à l'équipe la plus impressionnante sur le papier. »



