Tadej Pogacar, leader du classement général du Tour de France, a vivement critiqué l'organisation de la course après une étape disputée sous une chaleur accablante, mercredi 12 juillet. "Si ça ne tenait qu'à moi, je ne courrais pas dans les endroits chauds", a-t-il déclaré à l'arrivée, remettant en question la gestion des conditions climatiques extrêmes par les organisateurs.
Une étape sous une chaleur infernale
La 11e étape, reliant Clermont-Ferrand à Moulins, s'est déroulée avec des températures dépassant les 35 degrés Celsius. Les coureurs ont souffert de la canicule, certains ayant même du mal à terminer l'étape. "C'était vraiment dur, surtout dans le final. On avait l'impression de rouler dans un four", a confié Pogacar, qui a tout de même remporté l'étape au sprint.
Le Slovène de l'équipe UAE Team Emirates a précisé que les conditions étaient dangereuses pour la santé des sportifs. "Quand il fait aussi chaud, le risque de déshydratation et de coup de chaleur est énorme. On ne peut pas donner le meilleur de soi-même dans ces conditions", a-t-il ajouté.
Des précédents et des critiques récurrentes
Ce n'est pas la première fois que les organisateurs du Tour sont critiqués pour leur gestion de la chaleur. En 2022, plusieurs coureurs s'étaient déjà plaints des horaires des départs et des parcours en plein soleil. Selon des données météorologiques, les températures estivales en France ont augmenté de 1,5 degré en moyenne depuis les années 2000, rendant les conditions de course plus extrêmes.
Interrogé sur une éventuelle modification des horaires ou des parcours, Pogacar a estimé que "les organisateurs doivent prendre en compte le réchauffement climatique. On ne peut pas continuer comme si de rien n'était". Il a également suggéré de décaler les départs plus tôt le matin ou de prévoir des étapes plus courtes lors des pics de chaleur.
La réponse des organisateurs
Contactée par Libération, la direction du Tour de France a rappelé que des mesures étaient déjà en place, comme des ravitaillements supplémentaires et des zones d'ombre. "Nous suivons attentivement les prévisions météorologiques et adaptons le dispositif en conséquence. La sécurité des coureurs est notre priorité", a indiqué un porte-parole.
Néanmoins, les critiques de Pogacar, vainqueur des éditions 2020 et 2021, pèsent lourd dans le débat. Plusieurs autres coureurs, comme le Danois Jonas Vingegaard, ont également exprimé leur mécontentement. "C'est inhumain de courir sous une telle chaleur", a tweeté ce dernier.
Un enjeu de santé publique
Au-delà du sport, la question de la pratique d'activités physiques en période de canicule est un enjeu de santé publique. Selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), les efforts physiques par fortes chaleurs augmentent les risques de troubles cardiovasculaires et de coups de chaleur. Les organisateurs d'événements sportifs sont appelés à revoir leurs protocoles.
Pour l'instant, le Tour de France maintient son programme, mais la pression monte. Pogacar a conclu : "J'espère que les organisateurs prendront des décisions pour l'avenir. La santé des coureurs ne doit pas être sacrifiée pour le spectacle."



