Attentat de Nice : un centre pionnier pour les enfants traumatisés fête 10 ans
Attentat de Nice : un centre pour enfants traumatisés fête 10 ans

Dix ans après l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice, qui a fait 86 morts et des centaines de blessés, un centre pionnier dédié aux enfants traumatisés continue d'offrir un soutien indispensable. Le Centre de psychotraumatisme de l'enfant et de l'adolescent (CPEA) de Nice, créé en 2017, a pris en charge plus de 1 200 jeunes depuis son ouverture, selon les chiffres de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Un dispositif unique en France

Le CPEA est le premier centre en France entièrement dédié aux enfants et adolescents victimes de traumatismes psychiques, qu'ils soient liés à des attentats, des catastrophes naturelles ou des violences. Il a été fondé à l'initiative du professeur Thierry Baubet, chef du service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'hôpital Avicenne (AP-HP), et du docteur Marie-Rose Moro, directrice de la Maison de Solenn. "Ce centre est né de la nécessité de répondre aux besoins spécifiques des enfants, souvent oubliés dans les dispositifs de prise en charge post-traumatique", explique le Pr Baubet.

Un bilan encourageant

Selon le Dr Moro, "80 % des enfants pris en charge au CPEA montrent une amélioration significative de leurs symptômes après un suivi de six mois". Les troubles les plus fréquents sont les cauchemars, l'anxiété, les troubles du sommeil et les difficultés scolaires. Le centre propose des thérapies individuelles et familiales, ainsi que des groupes de parole. "Nous avons développé une approche intégrative, combinant thérapies cognitivo-comportementales, EMDR et médiations artistiques", précise le Pr Baubet.

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Un modèle à étendre

Le succès du CPEA a inspiré la création de centres similaires à Paris et à Marseille. "Nice a été un laboratoire. Aujourd'hui, nous travaillons à étendre ce modèle à d'autres régions, notamment dans les territoires d'outre-mer", annonce le Dr Moro. Le centre bénéficie d'un financement de l'Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d'Azur et de dons privés.

Des défis persistants

Malgré ces avancées, le manque de psychiatres pour enfants reste un problème majeur en France. "Nous avons besoin de davantage de professionnels formés à la psychotraumatologie", insiste le Pr Baubet. En 2025, le CPEA a reçu 450 nouvelles demandes de prise en charge, contre 300 en 2020. "La demande ne cesse d'augmenter, notamment en raison des attentats récents et des catastrophes climatiques", ajoute-t-il.

Un lieu de mémoire et de résilience

À l'occasion des dix ans de l'attentat, le centre organise une journée portes ouvertes le 14 juillet 2026, avec des ateliers de sensibilisation et des témoignages. "Nous voulons montrer que la résilience est possible, même après un tel drame", conclut le Dr Moro. Le CPEA reste un symbole d'espoir pour les enfants de la Promenade des Anglais et au-delà.

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