À deux jours de la demi-finale de la Coupe du monde 2026 entre la France et l'Espagne, l'ancien Premier ministre conservateur espagnol Mariano Rajoy a provoqué un tollé en affirmant que l'équipe de France était « sans Français ». Dans une tribune publiée dimanche 12 juillet dans le média El Debate, Rajoy a écrit que la France dispose d'« un effectif de très haut niveau », mais « sans Français ».
Des réactions indignées en France et en Espagne
Le successeur socialiste de Rajoy, Pedro Sánchez, a immédiatement réagi sur le réseau social X, dénonçant des « déclarations xénophobes ». « Il y en a qui mesurent encore l'appartenance par le nom de famille, le lieu de naissance ou la couleur de peau. D'autres la mesurent par l'attachement à un pays et la volonté d'y contribuer », a-t-il écrit, avant de conclure : « France, on se retrouve en demi-finale. Que le meilleur gagne et que le racisme perde. »
En France, les réactions politiques ont été vives. L'eurodéputé social-démocrate Raphaël Glucksmann a déploré « un festival d'attaques racistes contre notre équipe de France ». Il a ajouté sur BFMTV : « Nous sommes extrêmement fiers que la France soit un pays républicain, une nation civique et qu'être Français, ce n'est pas une couleur de peau, une origine, ce n'est pas une religion, c'est bien plus que cela. »
Des condamnations unanimes de la classe politique
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a déclaré que « l'équipe de France ne comprend que des Français » car « la France n'est pas une nation ethnique, c'est une nation politique rassemblée autour de la devise républicaine. N'en déplaise à la droite raciste. » Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, a qualifié les propos de « racisme crasseux ».
La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a dénoncé « les mêmes obsessions et insultes racistes » qui ressurgissent à chaque victoire des Bleus, parlant d'« une haine méthodique et banalisée de la France ». Elle a invité la Fédération française de football (FFF) à engager des « poursuites ». Sa collègue Aurore Bergé, ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, a critiqué des « dérapages racistes répétés » et appelé à ce que « le sport redevienne du sport : un lieu où on est jugé sur son talent et sur aucun autre critère ».
Le président de la FFF et le ministre de l'Intérieur réagissent
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a estimé que cette déclaration était « absolument inacceptable ». Le président de la FFF, Philippe Diallo, présent avec les Bleus aux États-Unis, a déclaré sur X : « Les propos de Mariano Rajoy évoquant l'équipe de France comportent des relents de racisme intolérables. Et interrogent sur le détestable climat qui génère de tels remugles. Nos joueurs n'ont aucun certificat de nationalité à recevoir d'un ancien Premier ministre espagnol. L'équipe de France est l'équipe de la France. »
Des réactions également en Espagne
En Espagne, le ministre des Transports Oscar Puente a qualifié Rajoy d'« idiot post-franquiste », ajoutant qu'il n'avait jamais été « modéré ». L'ambassade de France à Madrid a également réagi sur les réseaux sociaux, rappelant que « tous les joueurs de l'équipe de France sont français. Sur les 26 joueurs, 23 sont nés en France. Les trois qui sont nés à l'étranger sont également français. »
Cette polémique survient après les insultes racistes proférées par une sénatrice paraguayenne contre le capitaine Kylian Mbappé, renforçant l'indignation dans la classe politique française.



