À 22 ans, Olav Kooij est l'un des sprinteurs les plus prometteurs du peloton. Vainqueur de deux étapes sur le Tour de France 2024, le Néerlandais de l'équipe Visma-Lease a Bike explique comment il aborde les sprints massifs, où la moindre hésitation peut être fatale.
Un instinct de survie
« Si on réfléchit, c'est déjà trop tard », confie Kooij. Dans le feu de l'action, à plus de 70 km/h, les sprinteurs n'ont pas le temps de penser. Tout repose sur l'instinct et des années d'entraînement. « Le sprint, c'est 90 % d'instinct et 10 % de stratégie », ajoute-t-il.
Le champion néerlandais décrit la sensation unique de lancer son effort : « Quand tu passes la dernière courbe et que tu vois la ligne, ton corps réagit tout seul. Tu ne peux pas te demander si tu dois attaquer maintenant ou dans 200 mètres. Si tu réfléchis, tu es déjà dépassé. »
La vitesse et la peur
Kooij admet que la peur fait partie du sprint. « Bien sûr que j'ai peur. Tout le monde a peur. Quand tu es à 70 km/h, entouré de 30 mecs qui veulent la même place que toi, c'est dangereux. Mais si tu laisses la peur prendre le dessus, tu ne gagnes jamais. Il faut accepter le risque. »
Selon lui, la clé est de rester concentré sur sa propre trajectoire. « Je ne regarde pas les autres. Je regarde la roue de mon coéquipier qui me lance, et je compte les mètres. Si tu commences à regarder à gauche ou à droite, tu perds de la vitesse et tu risques la chute. »
Un travail d'équipe
Le sprinteur souligne l'importance de son équipe. « Sans mes coéquipiers, je ne suis rien. Ils me placent dans la meilleure position possible. Mon travail commence seulement dans les 200 derniers mètres. Avant, c'est eux qui font tout. »
Kooij rend hommage à son lead-out man, Christophe Laporte : « Christophe est incroyable. Il sait exactement quand accélérer, quand me laisser passer. On a une confiance totale. »
Les statistiques du succès
En 2024, Kooij a remporté 12 victoires, dont deux sur le Tour de France. Son pourcentage de réussite dans les sprints massifs est de 35 %, selon les données de son équipe. Il est également le plus jeune sprinteur à avoir gagné deux étapes sur un même Tour depuis Mark Cavendish en 2008.
« Chaque victoire est spéciale, mais gagner sur le Tour, c'est le rêve de tout gamin. Quand tu passes la ligne, tu es dans une bulle. Tu n'entends plus rien. C'est juste toi et la ligne d'arrivée. »
L'avenir
Kooij vise désormais le maillot vert du Tour de France. « Le maillot vert, c'est l'objectif ultime pour un sprinteur. Mais ce n'est pas facile. Il faut être régulier, gagner des étapes, mais aussi marquer des points dans les sprints intermédiaires. C'est un combat de tous les jours. »
Le jeune Néerlandais reste lucide sur les défis à venir : « Je suis encore jeune. J'apprends chaque jour. Mais j'ai confiance en mon équipe et en moi-même. Le meilleur est à venir. »



