Maigreur dans le peloton : les coureuses du Tour de France victimes d'une pression différente
Maigreur dans le peloton : inégalités de genre sur le Tour

Le Tour de France met en lumière une inégalité persistante : les coureuses cyclistes subissent une pression bien plus forte que leurs collègues masculins pour atteindre une silhouette mince, souvent au détriment de leur santé. Alors que les hommes sont rarement questionnés sur leur poids, les femmes se voient régulièrement imposer des régimes stricts par leurs équipes.

Une pression asymétrique sur le poids

Selon une enquête menée par l'Union cycliste internationale (UCI) en 2023, 65 % des cyclistes professionnelles ont déclaré avoir reçu des remarques sur leur poids de la part de directeurs sportifs ou de coéquipiers, contre seulement 12 % des hommes. Ce double standard s'illustre particulièrement sur le Tour de France, où les équipes féminines doivent souvent justifier leur composition corporelle.

Une coureuse ayant requis l'anonymat confie : « On me dit régulièrement que je dois perdre quelques kilos pour grimper plus vite. Pendant ce temps, mes collègues masculins peuvent se permettre un peu plus de masse musculaire sans que cela ne pose problème. » Ce témoignage reflète un déséquilibre systémique.

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Des conséquences sanitaires alarmantes

Cette obsession pour la minceur entraîne des troubles alimentaires chez de nombreuses athlètes. Une étude de l'Université de Lausanne a révélé que 40 % des cyclistes féminines présentent des symptômes de dysmorphie corporelle ou de troubles du comportement alimentaire, contre 18 % chez les hommes. Les risques pour la santé sont majeurs : aménorrhée, ostéoporose, baisse de performance.

Les instances sportives commencent à réagir. L'UCI a mis en place un groupe de travail sur la santé des athlètes féminins en 2024, mais les mesures restent timides. « Il ne suffit pas de publier des chartes, il faut un changement de culture dans les équipes », plaide la sociologue du sport Caroline Guibert.

Un appel à l'équité

Plusieurs voix s'élèvent pour demander des contrôles plus stricts et une sensibilisation accrue. La cycliste professionnelle Mavi García a déclaré : « Nous voulons être jugées sur nos performances, pas sur notre poids. » Les équipes commencent à embaucher des nutritionnistes spécialisés dans la santé des athlètes femmes.

La route est encore longue. Alors que le Tour de France féminin gagne en visibilité, les disparités persistent. Espérons que cette prise de conscience mène à une véritable équité dans le peloton.

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