Lenny Martinez a créé la surprise sur le Tour de France 2026 en décrochant la 5e place du classement général, un résultat inespéré après une préparation entravée par une chute lors d'un stage en altitude en mai. Le coureur varois de 23 ans, membre de l'équipe Bahrain Victorious, a su rebattre les cartes dès les premières étapes.
Un début de Tour sous le signe de la confiance
Dès la 2e étape, Martinez se hissait à la 8e place, s'installant durablement dans le top 10. « Il a pris confiance de jour en jour, souligne Roman Kreuziger, son directeur sportif. Depuis le début, il sentait qu'il pouvait jouer le classement général. Quand Lenny a quelque chose en tête, il donne tout. » Cette ambition l'a contraint à abandonner ses espoirs d'échappées pour endosser le rôle de leader. « Le contenir a été le plus gros challenge, reconnaît le Tchèque. Il aime faire la course et le spectacle. Il nous disait : "Vous me demandez de suivre, c'est tout ce que je déteste." Avec l'énergie qu'il a gardée, on savait qu'il allait pouvoir faire la différence. »
Proche d'un coup de maître à l'Alpe d'Huez
Lors de la 19e étape, première arrivée à l'Alpe d'Huez, l'équipe avait préparé un plan. Martinez, installé en Andorre, s'était préparé avec Antonio Tiberi sur les home trainers. « Depuis la deuxième journée de repos, on savait que tout pouvait se passer sur les étapes courtes, lâche Kreuziger. Avec les UAE malades, c'était une bonne opportunité de s'échapper et ça a marché. » Il termine 2e au sommet des 21 lacets, grappillant deux places au général. Le lendemain, il se bat avec les cadors et prend la 6e place. « Au milieu du Tour, je me disais qu'un top 10 serait super relevé, confie le double vainqueur d'étape sur Paris-Nice. J'arrive à faire top 5, c'est incroyable. »
Un avenir prometteur mais des pieds sur terre
« Avec ce qu'il a montré sur ce Tour, il commence à penser que tout est possible, poursuit Kreuziger. Dans le bus samedi matin, je lui ai dit que s'il arrivait avec les cinq meilleurs, il pouvait les battre. Il n'y croyait pas. C'est très prometteur mais on doit rester les pieds sur terre. Personne n'aurait cru au départ de Barcelone qu'on aurait fini dans le top 5. » Martinez a aussi pu compter sur son père Miguel, champion olympique de VTT, qui lui a donné un bidon dans le col de Sarenne. « Lenny n'a jamais été stressé pendant ce Tour, ajoute Antonio Tiberi. Il a encore des progrès à faire. Il est très jeune, il a quelques années devant lui pour devenir un coureur adulte. »
Et maintenant ?
« La saison n'est pas terminée », glisse Roman Kreuziger. La Vuelta s'élance de Monaco fin août et passe par Montauroux, la commune natale de Martinez. Difficile d'imaginer qu'il manquera ce passage sur ses terres, après avoir prouvé qu'il peut rivaliser avec les meilleurs.



