Julie Barennes, coach de Basket Landes, se livre sans fard avant le Final Six d'Euroligue
Pendant près d'une heure, l'entraîneure landaise Julie Barennes a pris le temps d'échanger avec des lecteurs du journal Sud Ouest, réunis dans une loge de l'espace Mitterrand à Mont-de-Marsan. Ce lieu, théâtre des exploits nationaux et européens des Bleu et Blanc, a accueilli un dialogue franc et ouvert, malgré un timing audacieux. En effet, cette rencontre s'est déroulée entre deux tours d'un quart de finale de Ligue féminine contre Chartres et, surtout, à quelques jours seulement du Final Six d'Euroligue à Saragosse, une première historique pour Basket Landes.
Comme se défiler ne fait pas partie de l'ADN du club landais, Julie Barennes, entraîneure depuis 2019 après y avoir joué sept saisons, a répondu présente. Native de Layrac dans le Lot-et-Garonne, elle s'est exprimée sans détour juste après une séance d'entraînement. Face à elle, quatre lecteurs de Sud Ouest – Catherine Lahille, Pierre Robin, Pierre Castex et Marie-Laure Lafargue, ancienne présidente de Basket Landes venue en simple supportrice – ont animé le débat, avec des questions supplémentaires envoyées par d'autres lecteurs.
Gestion de la fin de saison et priorités sportives
Interrogée sur la gestion de cette fin de saison passionnante, Julie Barennes a souligné l'importance du travail d'équipe. « C'est un travail d'équipe : ce qui permet de fonctionner, c'est d'être sur la même ligne, et ce n'est pas si commun dans le sport », a-t-elle déclaré. Elle a expliqué que cette année, le club peut tout jouer sans prioriser, une première qui suscite à la fois excitation et appréhension. « Cette année, on est capable de tout faire et je n'ai pas eu à faire des choix. Il n'y a pas de priorité entre le Final Six et la Coupe de France : il faut y aller à fond ».
Philosophie d'équipe et valorisation des joueuses
Avec dix joueuses et une répartition équitable du temps de jeu, Julie Barennes mise sur un groupe homogène. « Ça me semble logique, quand tu veux être performant sur plusieurs tableaux, d'utiliser tout le monde », a-t-elle affirmé. Elle insiste sur l'importance de chaque membre de l'équipe, des joueuses qui jouent cinq minutes à celles qui en jouent trente. « Tout le monde est important, à des degrés différents, mais je suis absolument convaincue que celles qui vont me donner entre cinq et dix minutes sont aussi importantes que celles qui vont m'en donner trente ».
Proximité avec les supporters et rôle éducatif
La coach a également évoqué la proximité avec les supporters, notamment lors de séances ouvertes aux écoles de basket. Pour elle, ces moments sont essentiels pour garder les pieds sur terre et éduquer les joueuses. « On a le devoir d'accompagner les joueuses mais aussi le devoir de les éduquer », a-t-elle souligné. Elle rejette l'idée d'en faire des assistées, prônant plutôt la responsabilité et l'engagement.
Ambitions nationales et structuration du club
Sur son avenir, Julie Barennes a exprimé son intérêt pour un rôle en équipe de France, tout en restant réaliste. « Avoir un jour l'équipe de France serait quelque chose d'incroyable », a-t-elle confié, mais elle rappelle que Jean-Aimé Toupane est en poste jusqu'en 2028 et qu'elle est actuellement assistante du sélectionneur allemand. Pour pérenniser Basket Landes parmi les meilleures équipes d'Europe, elle insiste sur des améliorations structurelles, comme l'agrandissement de la salle de 600 places. « Si on veut que ce soit durable, ça passe par une amélioration de la salle. Car si tu améliores ta structure, tu améliores ton budget ».
Défis médiatiques et avenir du basket féminin
Enfin, Julie Barennes a abordé la question épineuse de la diffusion télévisée du basket féminin. Elle pointe du doigt le rôle des fédérations. « Les gens préfèrent le basket féminin au rugby féminin et au foot féminin, qui passent pourtant à la télé. La différence, ce sont les Fédérations ». Elle appelle à une mobilisation pour trouver des diffuseurs, affirmant que des droits télé supplémentaires pourraient transformer la donne pour le club.
Cette rencontre a permis de dessiner le portrait d'une entraîneure engagée, attachée à des valeurs de bienveillance et de travail collectif, alors que Basket Landes vit une saison exceptionnelle.



