Dans l’Essonne, une mère a porté plainte contre plusieurs assistantes maternelles pour maltraitances, après que des médecins ont suspecté un syndrome du bébé secoué sur son nourrisson. L’enfant, gardé en journée, aurait présenté des symptômes de malaise au retour à la maison. Le parquet d’Évry a ouvert une enquête pour violences volontaires sur mineur de 15 ans, a-t-on appris de source judiciaire.
Un syndrome aux conséquences irréversibles
Le syndrome du bébé secoué est une forme de traumatisme crânien non accidentel. Il survient le plus souvent chez des nourrissons de moins de 6 mois, dont la tête est disproportionnée et les muscles du cou peu développés. Un adulte qui secoue l’enfant pendant quelques secondes peut provoquer des ruptures de vaisseaux sanguins, des hématomes sous-duraux et des lésions de la rétine.
Les signes d’alerte sont souvent vagues : irritabilité, troubles du sommeil, vomissements, difficultés à téter, ou au contraire une léthargie. Dans les cas sévères, des convulsions ou un coma s’installent. La répétition des secousses peut passer inaperçue, ce qui explique des diagnostics tardifs. Selon l’Académie nationale de médecine, entre 200 et 300 bébés sont secoués chaque année en France. Le taux de mortalité approche 20 %, et environ 50 % des survivants développent des séquelles neurologiques, sensorielles ou cognitives.
L’enquête judiciaire
La plainte a été déposée contre plusieurs personnes, ce qui suppose une possible pluralité d’assistantes maternelles dans un même lieu de garde. Les policiers vont auditionner les mises en cause, ainsi que les parents de l’enfant. Une expertise médicale a été ordonnée pour dater les lésions et tenter de comprendre comment elles ont été occasionnées.
Sur le plan pénal, les violences ayant entraîné une incapacité totale de travail de plus de 8 jours sont punies de 7 ans de prison et de 100 000 euros d’amende pour un mineur de 15 ans. Si l’infirmité est permanente, la peine atteint 10 ans. En outre, le conseil départemental de l’Essonne a été saisi pour une évaluation administrative. Il peut suspendre l’agrément des assistantes afin d’écarter tout danger pendant la durée de l’investigation.
La question de la prévention
Cette affaire met en lumière les lacunes de la formation initiale des assistantes maternelles. Si le sujet des pleurs du nourrisson est abordé, les modules sur le syndrome du bébé secoué ne sont pas systématiques dans tous les départements. Des campagnes existent, comme les spots « Bébé secoué, n’en jetez plus » ou les supports de la Protection maternelle et infantile (PMI).
- Pleurs aigus ou gémissements
- Vomissements
- Somnolence anormale
- Absence de sourire
- Rigidité ou hypotonie
Néanmoins, les spécialistes jugent ces efforts insuffisants. La prévention repose aussi sur le soutien à domicile et l’accompagnement des professionnels en situation de stress. Dans cette affaire, la famille souhaite obtenir des réponses. Le déroulement de l’enquête et les éventuelles mises en examen permettront de faire toute la lumière sur les circonstances de ces maltraitances présumées.



