Les Championnats d'Europe de natation se déroulent jusqu'au 16 août dans le bassin de Saint-Denis. Gilles Sezionale, président de la Fédération française de natation (FFN), dresse un bilan financier et sportif de cet événement historique. La France n'avait plus accueilli cette compétition depuis 1987 à Strasbourg. Pourquoi une si longue attente ? Le président explique que le manque d'équipements adaptés, notamment une piscine d'une capacité d'au moins 5 000 spectateurs, a longtemps constitué un frein.
Un budget de 15 millions d'euros, loin des 120 millions des Mondiaux
L'organisation des Championnats d'Europe coûte environ 15 millions d'euros, selon Gilles Sezionale. En comparaison, les Championnats du monde représentent un budget de 120 millions d'euros. Cette différence s'explique par l'utilisation de la piscine de Saint-Denis, héritage des Jeux Olympiques de Paris 2024, qui évite la location d'une Arena et l'installation de deux bassins supplémentaires. Sans cet équipement, le budget aurait doublé.
La loi française limite l'aide des collectivités à 20 % du budget total de la fédération. Pour boucler le financement, la FFN a dû faire appel à des sponsors et engager ses fonds propres. Le président souligne : « Dans d'autres pays, ils ont moins de problèmes. C'est l'État qui paye tout. » Il ajoute que cela explique pourquoi Budapest est régulièrement choisie pour accueillir les grandes compétitions internationales.
Une organisation de deux ans, un pari financier maîtrisé
La préparation de ces Championnats a nécessité deux ans de travail intensif pour toutes les équipes de la FFN. Gilles Sezionale insiste sur l'importance de remercier les partenaires qui ont soutenu l'événement dans un contexte financier difficile. Malgré les incertitudes, la fédération espère équilibrer les comptes grâce à la billetterie et à une gestion rigoureuse des dépenses.
La billetterie est d'ailleurs un succès : toutes les places pour les épreuves de natation course, à partir de lundi, sont vendues. En revanche, la natation synchronisée a connu un engouement moindre la semaine précédente, une discipline qui pourtant fait habituellement le plein.
Des espoirs de médailles malgré des stars diminuées
Sportivement, le président de la FFN se montre prudent. Léon Marchand, blessé à un adducteur, ne devrait pas prendre de risques et pourrait ne pas s'aligner sur le 400 m 4 nages lundi. Maxime Grousset, bien remis de sa fracture, manque probablement d'entraînement. Malgré ces aléas, Gilles Sezionale affirme : « Il y a quand même pas mal d'espoirs de médailles. » Il rappelle que les blessures sont imprévisibles et que la compétition réserve souvent des surprises.
La natation française a connu un renouveau grâce aux Jeux Olympiques de Paris, où Léon Marchand a brillé avec quatre médailles individuelles. Sans lui, la France a terminé deuxième nation aux Championnats d'Europe de Dublin. Chez les juniors, une nouvelle génération émerge grâce à la politique de détection mise en place depuis 2017. Le président note toutefois des difficultés persistantes chez les filles : « Il faut continuer à travailler. Rien n'est jamais acquis. » Il conclut : « Quand ils voient Léon, les jeunes se disent : "On peut y arriver nous aussi". »



