Une réforme attendue mais délicate à mettre en œuvre
La Fédération française de rugby (FFR) a annoncé une refonte de la pyramide des championnats amateurs, qui devrait entrer en vigueur à l'horizon 2027. Les termes « Fédérale » disparaîtront au profit de « Nationale » et « Promotion nationale ». Les actuelles Fédérales 1, 2 et 3 seront réorganisées : la Nationale passera de 14 à 16 clubs, la Nationale 2 comptera quatre poules de douze clubs (contre deux auparavant), une Nationale 3 sera créée avec 96 clubs (ex-Fédérale 2), et la Promotion nationale regroupera 160 clubs (ex-Fédérale 3). Les Régionales 2 et 3 ne seront pas impactées, mais des clubs de Fédérale 3 descendront en Régionale 1.
Le point de vue de Joël Castany
Joël Castany, président de la Ligue Occitanie, salue le fond de la réforme : « Il était temps de supprimer un étage de la fusée au vu de l’inflation significative de l’économie du rugby. En Nationale 2, les poules sont dites professionnelles sans totalement l’être. La masse salariale a un effet d’éponge sur la totalité du rugby. » Il souligne que la Nationale 1 souffre et espère qu'elle soit « aspirée par la Ligue nationale » pour bénéficier de droits et garanties professionnels. Il cite les départs de Tarbes, Niort et d'autres comme des « traumatismes ».
Un timing difficile
Castany regrette que la réforme soit annoncée tard dans l’année, ce qui perturbe les clubs. « L’année de transition sera complexe : seulement dix montées de R1 à prénationale sur toute la France, donc une ou deux en Occitanie contre six à sept habituellement. » Il insiste sur la nécessité de prendre en compte les spécificités régionales : « L’Occitanie a une densité élevée mais une sociologie particulière : vieillissement de la population, perte d’écoles. Comment, avec une population limitée et sans collège, un club peut-il fournir une catégorie juniors ? Un travail reste à faire sur la mutation des enfants et la gestion abusive des doubles licences. »
Des perspectives pour les clubs
La réforme vise à réduire les déplacements et à assainir le rugby amateur. Castany conclut : « Être élu, c’est respecter ceux qui décident mais aussi soutenir la spécificité de la région qui l’a élu. Donc réforme bonne sur le fond, timing d’application difficile et à corréler à celle du refus de la montée qui ne doit pas se transformer en punition pour ceux qui l’ont gagnée. »



