MHR féminin : semi-professionnalisation visée d'ici trois ans
MHR féminin : semi-professionnalisation visée d'ici 3 ans

Le Montpellier Hérault Rugby (MHR) entend structurer sa filière féminine sur les trois prochaines années, avec pour ambition une semi-professionnalisation. L'annonce a été faite lors d'une conférence de presse intitulée « Montpellier au féminin », par Serge Guissepin, président de l'association du club. Ce projet repose sur un budget de 800 000 euros, alors que le financement total disponible pour l'association s'élève à 2,4 millions d'euros.

Un constat sans appel : le déclin d'un club surtitré

Serge Guissepin a dressé un constat sévère de la situation actuelle. « Ce qui était toléré il y a dix ans ne suffit plus, a-t-il déclaré. Il faut une filière sportive, éducative et territoriale structurée pérenne. » Le président pointe du doigt le manque de financement et la concurrence accrue, notamment du Stade Toulousain, qui « accélère à coups de millions », tandis que le MHR ne peut investir qu'à hauteur de 100 000 euros.

« Le succès est toujours copié, perdant sa différence, a-t-il ajouté. Financièrement égorgés, on n'a pas préparé notre succession, donc trou d'air et effondrement. » Ce constat explique en partie le déclin d'un club qui a pourtant été surtitré par le passé.

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Un plan en trois axes : conditions de vie, staffs et détection

Le premier apport du plan concerne les conditions de vie des joueuses. Serge Guissepin propose une semi-professionnalisation avec des entraînements à mi-journée, des repas en self-service, et une enveloppe de 25 000 euros qui n'existait pas auparavant. Il prévoit également de solliciter des entreprises pour qu'elles emploient les joueuses et leur offrent deux fois par semaine des heures de temps de travail pour s'entraîner.

Le renforcement des staffs techniques de chaque catégorie est également au programme. « C'est colossal, confie Serge Guissepin, un vrai pari d'avenir financièrement maîtrisé. Je veux ce goût du Top 4. C'est la mission du manager Stéphane Ferrière, quand l'an dernier était à la stabilisation des moyens. »

Détection des talents et objectif de Top 4

Le président insiste sur la nécessité de repérer les talents sur le territoire. « Le fossé s'est creusé avec les concurrents car le parcours de joueuse n'alimentait plus l'effectif du territoire, explique-t-il. On doit repérer ces talents qui sont partout mais dont on n'imagine pas qu'elles puissent venir chez nous. C'est un travail de séduction. »

Dès les sections sportives au collège, des passerelles FFR guideront les meilleures vers les équipes de France. Serge Guissepin rappelle que le MHR n'abrite plus qu'une internationale française, Rose Bernardou. Il prévoit de « se préoccuper des F15 et F18, jusqu'alors délaissées tant que l'équipe Première fonctionnait. Il faut une absorption des meilleures, dans les trois ans. Notre équipe réserve est compétitive mais l'écart avec la première est immense. »

Un appel aux entreprises pour remplir Sabathé

Serge Guissepin rêve d'une convention Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) où un groupe inviterait ses employés, leurs amis et son réseau pour remplir le stade Sabathé. « Je cherche encore l'entreprise qui fera ce pari de faire découvrir la portée de la pratique féminine en offrant aux joueuses un public de 5 000 personnes le temps d'un match, déclare-t-il. Pour attirer, nous devons séduire les futures joueuses et leurs parents. Face aux refus et aux faux bonds rencontrés, je n'ai pas pour habitude d'abandonner. »

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