Le Montpellier Handball (MHB) a dévoilé ce lundi 22 juin un ambitieux projet de développement féminin, porté par l'accession en Division 2 obtenue avec un an d'avance. L'objectif affiché est d'atteindre 2 000 licenciés d'ici 5 à 6 ans et de faire du club montpelliérain l'un des plus grands d'Europe.
Un club déjà numéro un en France
Vincent Hugonnet, président de l'association MHB, a rappelé la progression fulgurante : « En 2024, on était 600-700 licenciés et pas loin déjà d'être le plus grand club français. Cette année, les 950 ont été dépassés, grâce à la féminisation du club et on devient officiellement le plus grand club de France en nombre de licenciés. »
L'accession en D2 féminine, objectif fixé en juillet 2024 lors de la fusion avec le HBF3M, a été réalisée en deux saisons au lieu de trois. Cette réussite marque une étape clé dans l'évolution du club.
Un projet ancré dans les quartiers
Le développement féminin ne se limite pas à la performance sportive. Vincent Hugonnet insiste : « L'objectif de la féminisation, c'est d'aller plus haut vers l'élite mais aussi de travailler dans les quartiers. Notre club est fait de quartiers et d'élites, notamment dans le féminin. Pour le développer, il faut s'investir davantage dans les quartiers, être en adéquation avec la politique de la Ville. »
Le président cite des clubs partenaires comme le Muc, la Chamberte ou Villeneuve-lès-Maguelone. Il ajoute : « Pourquoi ne pas essayer d'ici 5 ou 6 ans d'atteindre les 2 000 licenciés et faire du Montpellier handball un des plus grands clubs d'Europe. Ce n'est pas faire un nombre pour un nombre, mais parce qu'on veut vraiment s'investir dans la vie de quartiers, développer le haut niveau et proposer aux jeunes filles ce qu'on propose actuellement aux garçons, c'est-à-dire aller vers l'élite. »
L'ambition de devenir la première ville en sport féminin
Julien Deljarry, président du MHB, souligne : « Le MHB fait partie de ces clubs locomotives de la première ville sportive de France. On va continuer à pousser les murs. »
Hervé Martin, vice-président de la Métropole délégué au rayonnement sportif, affirme : « Avec le MHR féminin, le MHSC féminin foot, le MHSC Volley, très clairement, on a l'ambition de devenir la première ville en sport féminin. Cela passe par le sport de haut niveau mais aussi par un développement du sport féminin à tous les âges, dans tous les clubs, tous les quartiers. »
Il précise les défis : « Cela demande des enjeux particuliers d'accompagnement parce qu'il y a des enjeux financiers, d'image. Le modèle économique n'en est pas au niveau des garçons. Très souvent à haut niveau, les filles ne sont pas professionnelles. Le sport est un droit et on se doit comme institution de garantir l'accès à ce droit. Il y a la vitrine des clubs de haut niveau mais l'enjeu est aussi que les petites filles dans les quartiers puissent avoir le plaisir de pratiquer, de connaître la sociabilisation autour du sport. Voilà tout l'enjeu de l'accompagnement du MHB. »
Un financement renforcé pour amorcer la pompe
Christophe Bourdin, élu à la Ville, annonce que la collectivité va mettre en place des critères pour l'attribution de subventions, favorisant les clubs avec une section féminine. « Une association qui dispose d'une section féminine sera plus aidée ; cela implique aussi de revoir toutes nos infrastructures, en termes par exemple de vestiaires pour l'accueil des féminines. Un travail dans sa globalité à la fois sur le monde amateur et avec les clubs pros. »
Hervé Martin détaille le modèle économique visé : « L'idéal serait d'arriver à un modèle économique qui consisterait à un tiers d'investissements publics, un tiers de partenaires privés, un tiers des ressources créées par le club. C'est l'idéal mais quand on est dans le sport féminin, il faut amorcer la pompe, donner envie aux partenaires de venir. C'est pourquoi la Métropole va ajouter 250 000 euros de subventions à l'association MHB (le budget pour un club de D2 est au minimum de 450 000 euros), l'enjeu étant de montrer aux partenaires privés qu'on est sur un vrai projet de long terme. »
Enfin, Dominique Caille, secrétaire générale, insiste sur l'importance de développer la féminisation dans les instances dirigeantes du club.



