Le 24 mai 2026, Louis, un Mentonnais de 20 ans, sportif accompli pratiquant handball, salle, course et randonnée, a failli perdre la vie lors des 10 km de la Menton Sun Race. Victime d'une hyperthermie de l'effort, il a été pris en charge par une chaîne de secours qui lui a sauvé la vie. Aujourd'hui tiré d'affaire, il témoigne pour remercier ses sauveteurs et sensibiliser le public à ce danger méconnu.
Le déroulé de la course : du bien-être au malaise
« J'ai pris le départ à 8h30. Au début, tout se passait bien, la cadence était bonne. Mais après le demi-tour au niveau du Fellini, je me suis retrouvé avec le soleil de face. Mes jambes ont commencé à me lâcher. Je titubais », raconte Louis. Il alterne marche et course, comme beaucoup d'autres participants, pensant à des crampes. « Je me souviens de toute la course. Mais à partir du moment où je me suis appuyé à une barrière, à l'arrivée, plus rien. Jusqu'à ce que je me réveille à l'hôpital », ajoute-t-il. « Je pensais que c'était juste un petit malaise, je ne connaissais pas l'hyperthermie. »
Une prise en charge d'urgence
Ce jour-là, une quarantaine de coureurs a été prise en charge par les secours. Louis était le cas le plus grave. Sur place, il a été sédaté et intubé, puis conduit au CHPG de Monaco, où il a été plongé temporairement dans le coma. Les examens (échographie, endoscopie) ont montré que le cœur et les poumons n'étaient pas touchés, mais l'urée et le bilan hépatique étaient mauvais. « Il fallait attendre le réveil pour vérifier l'état cérébral. Au moment donné, il était heureusement cohérent dans ses propos, et bougeait ses quatre membres », explique son père. À sa sortie de réanimation après 48 heures, l'état du foie inquiétait, au point qu'une transplantation a été envisagée. Mais le soir même, de bonnes analyses ont écarté cette hypothèse. Louis est sorti de l'hôpital le 30 mai, après une semaine d'observations, avec une consigne : boire au moins 3 litres d'eau par jour.
Les causes et les risques de l'hyperthermie de l'effort
« Les médecins nous ont expliqué que ça arrive à beaucoup de personnes entraînées car elles vont au bout de leurs limites. L'hyperthermie est liée à la chaleur intense, un fort taux d'humidité, une mauvaise hydratation et à un effort intense. Tous les facteurs étaient réunis ce jour-là », commente le père de Louis. Selon un article du Vidal citant le Pr Laurent Grélot, professeur de physiologie du travail et de l'exercice, le coup de chaleur d'exercice « s'exprime de façon brutale, spectaculaire, durant ou après un effort physique intense et/ou prolongé, dans une atmosphère chaude et humide. Il associe une détresse neurologique et cardiovasculaire. C'est un événement rare, mais d'urgence absolue. Souvent sans signes avant-coureurs, chez un adulte jeune en bonne santé, il nécessite une prise en charge immédiate en raison du risque important de décès. »
Le traitement : refroidir le corps au plus vite
L'Institut de recherche du Bien-être, de la Médecine et du Sport Santé recommande de « refroidir tout de suite le sportif : l'asperger avec de l'eau, le mettre à l'ombre, le ventiler, et appliquer des vessies de glace à la racine des membres au niveau des gros axes vasculaires (cou, aisselles, plis de l'aine, région cervicale). »
Les séquelles et la récupération
Louis doit maintenant reprendre le sport progressivement. « Je repars à zéro, c'est comme si je n'avais jamais fait de sport », glisse-t-il. Il doit écouter son corps, boire beaucoup, s'arrêter au bon moment, et arrêter la créatine et les protéines en poudre à vie. « Au début, j'étais sarcastique. Je me souviens avoir dit à mes proches qu'ils avaient une gueule d'enterrement quand je me suis réveillé. Mais je me rends compte aujourd'hui que j'ai failli y passer », confie-t-il. Une IRM cardiaque doit encore confirmer l'absence de séquelles.
Remerciements à la chaîne humaine
La famille de Louis remercie tous ceux qui ont contribué à le sauver : le médecin bénévole de la course, les bénévoles de la Croix-Rouge, Claire et sa collègue infirmières urgentistes, l'équipe du SMUR, Francesco pompier, l'ensemble des sapeurs-pompiers, la police municipale de Menton, les aides-soignantes, infirmières et bénévoles, Clément son ami resté à ses côtés, les équipes de Menton Marathon, et le personnel du service de réanimation du CHPG de Monaco. « Vous êtes, et vous resterez à jamais, nos héros », conclut son père.



