Basket : la Chine et sa géante Zhang Ziyu, un défi inédit pour les Bleues
Basket : la géante Zhang Ziyu, défi inédit pour les Bleues

L'équipe de France affronte ce jeudi (14h30) à Berlin la Chine en quart de finale de la Coupe du monde féminine de basket, avec un défi inédit : contrer la pivot Zhang Ziyu, 19 ans, 2,23 m et 130 kg, qualifiée par la Fiba de « la plus grande joueuse à avoir jamais participé à une épreuve féminine ». Un phénomène qui, malgré un temps de jeu moyen de seulement 11,7 minutes par match, cumule 9,3 points et 4,3 rebonds, et a obtenu 10 lancers francs contre les États-Unis (défaite 61-94).

Un avantage physique colossal face aux Bleues

Le défi est inédit pour les Tricolores. Les trois plus grandes joueuses françaises sont Marieme Badiane et Aminata Gueye (1,90 m) et Dominique Malonga (1,97 m), soit un différentiel de plus de 25 cm et d'environ 40 kg avec la géante chinoise. Même Malonga, All-Star en WNBA cette saison avec Seattle, sera dépassée.

« J'ai l'habitude d'être la plus grande sur le terrain, ça va me changer, souriait Malonga. Il faut jouer physique, ne pas la laisser s'installer. Si tu sautes avec le bon timing, tu peux aller chercher des ballons. Ça va être stratégique. Personne n'est inarrêtable. »

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Un phénomène qui a déjà marqué la compétition

Zhang Ziyu, qui mesurait déjà 2,10 m à 11 ans, s'était révélée en 2024 en dominant la Coupe d'Asie U18 avec 35 points et 12,8 rebonds de moyenne, conclue en tant que MVP. Elle évolue dans le championnat local avec le Shandong Shangai. Son sélectionneur Gong Luming la décrit comme « un talent unique dans un siècle », avec un staff spécial dédié en équipe nationale.

« Dans l'année, elle fait surtout du travail individuel, indique dans L'Equipe Pierre Vincent, ex-sélectionneur des Bleues et assistant coach pour la Chine sur ce Mondial. Elle ne s'entraîne que très peu avec nous. À Berlin, je la suis mais je ne sais pas comment l'entraîner, je ne sais pas jusqu'où on peut la pousser. C'est un dossier sensible car c'est du jamais vu. »

Des solutions limitées, mais une stratégie claire

Face à elle, les solutions semblent limitées. Les joueuses portoricaines, battues d'un rien mercredi (72-75) en barrage, ont parfois dû l'entourer à trois sur une remise en jeu ligne de fond. Zhang Ziyu a marqué 13 points (à 5/6 aux tirs) en seulement 9 minutes lors de ce match crucial. Même les stars américaines de WNBA, comme Caitlin Clark, ont reconnu : « Elle nous a clairement posé des problèmes. On voit qu'elle est encore en plein apprentissage mais il n'y a pas grand-chose à faire pour l'arrêter quand elle est près du panier. »

Le sélectionneur français Jean-Aimé Toupane a annoncé la stratégie : « On essaiera de faire courir cette équipe chinoise », en exploitant les difficultés de mobilité et de cardio de Zhang Ziyu. Son sélectionneur Gong Luming confirme : « Les transitions sont de plus en plus rapides, donc pour nous, améliorer ses performances en course est notre priorité. Elle doit marquer en attaque, mais aussi pouvoir vite revenir en défense. »

Les Bleues, battues par la Chine en quarts de finale de la précédente Coupe du monde en 2022, savent que ce match ne se jouera pas uniquement contre Zhang Ziyu, qui devrait passer les deux tiers de la rencontre sur le banc. Il faudra aussi surveiller Han Xu, meilleure joueuse chinoise avec 18,3 points de moyenne, qui évolue en WNBA au New York Liberty (avec Marine Johannès et Pauline Astier) et mesure 2,05 m. La rencontre s'annonce donc comme un test stratégique majeur pour l'équipe de France.

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