Les Tunisiens de Paris célèbrent l'été avec cartes et convivialité
Tunisiens à Paris : cartes et convivialité estivale

Depuis plusieurs années, la place de la République à Paris se transforme en un véritable petit bout de Tunisie chaque été. Des centaines de Tunisiens venus de toute l'Île-de-France s'y retrouvent pour jouer aux cartes, discuter et partager des moments de convivialité. L'ambiance est animée, les rires fusent, et les parties de rami ou de belote s'enchaînent sous les regards amusés des passants.

Un rituel estival bien ancré

Pour beaucoup, ce rassemblement est devenu une tradition incontournable. « On se retrouve ici comme à Tunis, on joue aux cartes, on s'engueule, on rigole », témoigne Mohamed, 45 ans, installé à Paris depuis une dizaine d'années. Le phénomène a pris de l'ampleur au fil des ans, attirant aujourd'hui jusqu'à 500 personnes certains dimanches ensoleillés. Les joueurs installent des tables pliantes sur le bitume, sortent les jeux de cartes et les boissons fraîches.

La majorité des participants sont des hommes, mais les femmes et les enfants sont aussi présents. Certains viennent en famille, d'autres retrouvent des amis d'enfance perdus de vue. « C'est un peu comme si on revenait au bled », confie Karim, la trentaine, en battant un jeu de cartes usé. L'ambiance est bon enfant, malgré quelques disputes passionnées autour d'une levée contestée.

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Un lien avec le pays d'origine

Au-delà du jeu, ces rendez-vous permettent de maintenir un lien fort avec la Tunisie. On y parle politique, football, et des dernières nouvelles du pays. Les téléphones portables tournent à plein régime pour montrer des photos des vacances ou des vidéos des mariages. « Ici, on se sent chez nous, parce qu'on est entre nous », explique Nabil, 36 ans, un sourire aux lèvres.

Les commerçants ambulants profitent aussi de l'affluence. Certains vendent des pâtisseries orientales, d'autres des boissons gazeuses ou du thé à la menthe. L'odeur du pain maroc et des brochettes de viande grillée flotte parfois dans l'air, attirant les gourmands. Ces petits commerces contribuent à l'ambiance festive et permettent à certains de gagner un peu d'argent.

Une pratique tolérée mais encadrée

Si les rassemblements sont généralement dans une ambiance bon enfant, ils ne sont pas sans poser quelques problèmes. La police municipale intervient parfois pour rappeler les règles de stationnement ou de bruit. « On sait qu'on n'est pas chez nous, alors on évite les excès », admet un joueur. Les habitants des immeubles voisins se plaignent parfois du bruit, mais la plupart semblent accepter cette animation estivale.

Malgré ces quelques tensions, la tradition perdure. Pour beaucoup, ces réunions sont un exutoire et un moyen de lutter contre la nostalgie. « L'exil, c'est dur, alors on crée nos propres espaces de liberté », conclut Sofiane, 50 ans, en remportant une partie serrée.

Un phénomène qui interroge

Ce type de rassemblement informel interroge sur l'intégration et le besoin de communautarisme. Pour certains sociologues, il témoigne d'un désir de préserver son identité dans un contexte d'immigration. « Ces regroupements spontanés sont une forme de résistance à l'assimilation, mais aussi un signe de vitalité associative », analyse un chercheur. Quoi qu'il en soit, les joueurs, eux, savent pourquoi ils viennent : pour le plaisir simple d'être ensemble, de rire et de se rappeler d'où ils viennent.

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